‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 105 sur 228 · PARTAGE DES TERRES ET SES CONDITIONS · texte numérisé non relu

PARTAGE DES TERRES ET SES CONDITIONS

apportionné en terres, ne reçoit pas d'impôt direct de la part des propriétaires. C'est un des faits fiscaux les plus ge'néraux et les plus incontestables. Rien d'extraordinaire qu'il ait été très difficile de contraindre, dans l'Europe occidentale, les propriétaires fonciers à payer un impôt direct. La constitution de réserves territoriales importantes a été toujours nécessaire pour les États qui ne pouvaient subsister exclusivement sur le tribut des peuples vaincus ou alliés. Telle a été longtemps la condition du peuple romain; telle la condition de la plupart des Etats de l'Europe orientale, empire d'Allemagne, Russie, Autriche, Brandebourg, Prusse. Jusqu'à la fin du xiii" siècle, les Rois de France, alors jouissant d'une si grande influence, trouvaient dans leurs domaines leurs principales ressources. Pour leur en garantir de nouvelles, permanentes et suffisantes, il a fallu une crise extraordinaire.

Quant à la répartition du sol faite par les Anglo-Saxons, d'après le rang de chacun, répartition indiquée par Tacite, elle est la réfutation complète des théories de M. E. de Lave- Jeye et des sophismes de César. L'inégalité des biens provient de l'inégalité des conditions, loi de l'espèce humaine et, au surplus, de toutes les espèces. La vie a pour condition l'inégalité; sans inégalité elle n'est pas. Cette inégalité dans la répartition du sol est, en partie, compensée par des réserves ou fonds commun. M. E. de Laveleye ne s'est pas moins mépris à cet égard. Il en résulte que la dilapidation, depuis un siècle, par divers États, de leurs réserves immobilières, a été une grande faute; il en résulte encore que les peuples qui ont à leurs dispositions de vastes étendues de terres, comme les Etats-Unis, les Anglais au Canada, en Australie et dans r.A.frique australe, la France à Madagascar, ont le devoir de constituer des réserves. Même observation pour le Brésil, la République Argentine, le Venezuela qui possèdent encore des terres considérables.

III. Les Danois. — Néanmoins, l'histoire même des Anglo- Saxons fournit l'exemple de la naissance de l'impôt dans un milieu qui y était réfractaire. Les Danes ou Danois étaient plus rapprochés par la race des Jutes, des Angles et même des Saxons que des Xorses ou Norwégiens. Le sang finnois leur

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