CIVILISATION DES TRIBUS SLWES DE RUSSIE
fluence analogue à celle des tribus germaniques et Scandinaves sur les Gaules. Elles tendirent à dissoudre les anciens clans, les anciennes tribus kymriques, celtiques, germaniques étales transformer en clans, tribus sédentaires, occupant un territoire déterminé. Ce mouvement prit, de même que dans les Gaules, la forme de la recommandation. Les seigneuries se formèrent sous la dénomination de manors. Le maître du manor, ancien chef du clan, répartit les terres d'après la condition des individus dans chaque clan. De là, la diversité des conditions des terres (céorles, cottarii, bordarii, socmen}. La Royauté conserva plus de force que dans les Gaules, avec plus de terres qu'elle dut faire exploiter dans les mêmes conditions. Toute cette époque e?t dominée par l'occupation du sol, son exploitation et la fixation des clans et des tribus nomades.
IV. Les Varégues ou Vcrrérjuiens. — Après avoir renversé l'Empire romain et mis la main sur l'Angleterre , qu'ils possèdent encore, les hommes du Nord, lesXorlhmen étaient appelés à une autre fortune. Ils étaient chargés de préparer les voies de la civilisation à ces masses de tribus de toute provenance, de toute origine, de toute culture, superposées ou juxtaposées, entre le Volga et la Vistule, de l'Est à l'Ouest, l'océan Glacial, la Caspienne et la mer Xoire du Xord au Sud, dont Hérodote, Strabon. Tacite, Ptolémée, Ammien Marcellin, Joruandès, Priscus, Procope, le moine de Saint-Gall, Nestor, ^larco Polo ont laissé des tableaux, à 1,200 et 1,800 ans d'intervalle. « Les Slaves, « raconte Nestor, passèrent la mer et se rendirent chez les (< Varégues qu'on appelle Rousses, et d'autres, Varégues Suè- (' des, Urmaines (Nortbmen), Igliens, et d'autres Goths. Ils di- « rent aux princes de Varégues, notre pays est riche el tout est « en abondance; mais l'ordre et la police y manquent. Venez a prendre jiossession du sol et nous gouverner (1) ». Les trois princes des Varégues, Rurik, Sinéous et Trouver acceptèrent et partirent ensemble. Sinéous et Trouvor moururent bientôt et Rurik resta seul. Rurik procéda comme Rollon et Guillaume le Conquérant. Il partagea aussi le sol entre ses capitaines; mais
(1) Chronique de Nestor, traduction. Paris, 1834, chapitre ii.