LA RACE SLAVE. 6C
de vue de la stabilité' des populations , ou ne peut comparer les Slaves qu'aux Allemands orientaux. Si on les compare aux Allemands occidentaux établis le long du Rhin , la ditTe'rence est grande ; elle est plus grande encore, si on les compare aux Français de la Bourgogne ou du Languedoc. La mobilité , la nomadité ont donc été très persistantes parmi les Slaves ; elles ont eu incontestablement pour résultat de les soumettre à la servitude. Le développement, si curieux, de la servitude rurale, dans le Nord et dans l'Est de l'Europe, a eu pour raison principale la nécessité de cultiver le sol et de fixer les populations. Les Slaves étaient avant tout une race pastorale. Le nom des Vendes, l'une de leurs principales Confédérations, signifie probablement les habitants de la prairie (1) : die ^yeidenden. Xous avons déjà insisté sur le fait que le Nord de l'Europe , avec toute la Russie, ne forme qu'une plaine illimitée, coupée seulement par des forêts et des marais. Les Slaves cultivaient parfois cette prairie pour leur subsistance, exactement comme nous l'apprend Tacite des Germains. Ils avaient même un axiome de droit portant : « la « terre est mienne, partout où ont passé ma bêche, ma faux et ma « charrue ». Ils n'eu étaient pas moins instables et l'idée d'approprier définitivement la terre ne leur convenait pas plus qu'aux Natchez ou aux Pieds Noirs des montagnes Rocheuses (2). Cet axiome même le prouve. Il est contraire au droit de propriété. Hospitaliers, rêveurs, pacifiques, comme beaucoup de peuples pasteurs, les Slaves redoutaient la constance de l'effort ; ils aimaient la vie en commun ; ils la charmaient par la musique, de même que les Arabes par les contes et la poésie. Aussi des institutions spéciales, très intéressantes à connaître, et dont les publicistes socialistes n'ont saisi ni l'origine, ni la nature, se sont-elles établies et développées par tout le monde Slave, comme condition indispensable de leur transformation de nomades en sédentaires. Ce que M. Louis Léger dit de la Russie s'applique également à toute l'Europe du Nord et même à une grande partie de l'Eu-
(1) LavL'wf! et Rambaïul , Ilist. générait-, 1 vol., p. 150.
(2) M. de Haxthausen. Etiules »ur la Ilngnie, 3« voL 1853, a développé ce p'ilnt de vue avec force, chap. m, OnjanUatioii rnmir.unalc ilc 'a Rusgif.