LA RACE SLAVE
rope orientale. « Dans les plaines immenses, des populations, no- « mades ou sédentaires, sont groupées autour des lacs ou des « fleuves. Rien ne s'oppose à l'expansion des tribus , rien, sauf « les intérêts contraires d'une autre tribu, sauf les accidents des « terrains, les forêts à abattre, les marais à dessécher. Les es- « paces à parcourir sont immenses; mais des fleuves non moins « immenses constituent des chemins qui marchent. L'âpreté du u climat trempe des tempéraments et des caractères vigoureux ; « l'uniformité du sol engendrera promptement l'uniformité des « mœurs; les esprits seront nivelés comme les steppes infinis (1) ■;, Les conditions de territoire et de climat ont par suite beaucoup contribué à développer et à maintenir la vie pastorale et nomade dans le Nord et l'Est de l'Europe. La tribu y a été la forme économique, sociale, politique par nécessité. De là une persistance particulière de la vie en commun, telle qu'elle est organisée dans toute tribu. La tribu n'est qu'une agrégation de familles. Il y a donc dans ces familles une tradition immémoriale de la vie non pas communiste, comme l'a expliqué, il y a quarante ans, M. Wolowski, mais de la vie familiale, sous un chef que la tradition désigne (2). Lorsqu'à commencé et que s'est lentement opérée la transformation des tribus nomades en populations sédentaires, l'organisation famihale a persisté; et les choses ont eu lieu dans les conditions décrites (3) par M. Le Play. Des institutions spéciales ont dû correspondre à cette transformation. Les familles pastorales sont devenues, avec le temps, demi-sédentaires, demi-agricoles et, plus tard, se sont définitivement attachées au sol, sans abandonner les habitudes communautaires que le climat, le territoire et d'autres causes leur ont imposées et leur imposent encore. Traditions, climat, territoire et circonstances politiques sont les raisons des institutions communautaires (4).
(1) Rtisses et Slaves, V> série, page 3.
(2) Uevue des Deux-Mondes, jniWet et août, 1863. — Vergé, Comptcs-rendiui des sciences morales et jMlUiques, tome 40, 47, 48, 49, et un remarquable travail de M. Delaveau, Revue des Deiw-Movdi'y. juillet 1S55.
(3) Voir pins haut, page 577.
(4) De Haxtliausen, ibidun. \mi:v 1.53.