‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 116 sur 228 · G LE MIR · texte numérisé non relu

G LE MIR

M. de Haxlliausen, mais à sa culture, suivant la tradition des nomades : arvaper annos mutuant, et superest ager. Le sol étant illimité, ce n'est que tard qu'a pu surgir l'idée de s'en emparer, de l'approprier. D'après le témoignage de Nestor, le Mirdoit être antérieur au xi"^ siècle, Nestor dit, en effet, « les familles des « Polaniens, réunies en corps, avaient leurs chefs respectifs, « comme en ont encore jusqu'à ce jour leurs descendants. Cha- « cun vivait, avec sa tribu, dans sa propriété et dirigeait sa mai- « son (1) ».

La solidarité des membres de la tribu entre eux s'est transmise au Mir qui en était le démembrement. Celte solidarité s'est étendue par la force des choses au service militaire et à l'impùt. comme dans toute tribu.

Dans les premiers siècles, les membres du Mir jouissaient de la liberté que comporte la vie de la tribu; mais peu à peu cette liberté s'est convertie en servage sous l'influence de trois causes : 1° les tendances nomades et vagabondes des Russes; 2° les exigences du service militaire et de l'impôt; 3° l'appropriation du sol et la constitution des domaines privés, de véritables seigneuries. Il y eut alors des Mirs composés de paysans libres et des Mirs composés de serfs. Les Mirs serviles ont été jusqu'en 1861 les plus nombreux de beaucoup (2).

L'assimilation faite entre la commune, telle qu'elle existe eu France, ou l'ancienne paroisse, n'est pas exacte. Le Mir correspond plutôt à des associations de villages (3), sous le nom de volost (4). Aussi l'étendue des Mirs est très variable. Un seul volost communautaire comprend plus de 100 villages avec un territoire de 220,000 hectares, bordant un cours d'eau sur 60 kilomètres. C'est une tribu complète, « ce n'est pas, dit M. E. << Heclus, le terrain qui manque aux familles de cultivateurs; au

(1) Nestor, traduction Paris, chap. 1""'. Nous avons confronté les deux traductions de M. Paris (1834) et Louis Léger (1890) publication de l'École des langues orientales.

(2) Raml)and, lUidnn, p. U4.

(3) Le Starcliina est le chef du volost et le Starosta celui de village. — De Haxthausen, 3" vol., p. 144.

(4) De TTaxtliausen, S' vol., p. 156.

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