‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 118 sur 228 · LES HUNS ET LES AVARS · texte numérisé non relu

LES HUNS ET LES AVARS

bétail et leurs tentes. Elles établissaient leurs camps ou leurs villes nomades en rangeant en cercle leurs chariots. En marche, leurs troupeaux immenses les précédaient et formaient comme une sorte de rempart, très redoutable. Elles entraînaient à leur suite toutes les tribus qu'elles rencontraient. Elles étaient gouvernées par de grands chefs, appartenante certaines tribus, plus anciennes, et, dans ces tribus, à des familles princières. Le pouvoir de ces chefs, bien que considérable, était cependant, suivant les circonstances, l'énergie des Khagans ou leurs divisions intestines, soumis à des assemblées générales ordinairement tumultueuses. L'influence de ces Confédérations s'étendait jusqu'à constituer des empires temporaires, qui s'effondraient tout à coup. Tels ont été les empires de Balamir et d'Attila pour les Huns, de Baïan pour les Avars, et plus tard d'Arpad pour les Hongrois.

Attila avait établi son quartier général, son Ordou, sa Horde principale, en Pannonie, entre le Danube, la Theiss et les Karpathes, aux environs de Széged, non loin du célèbre champ de bataille d'Austerlitz. C'est là qu'était son trésor, au milieu de tentes mobiles, converties en cabanes de bois, de paille et d'argile. C'est là que furent conduits les envoyés de Théodose II, dans un grand palais de bois, entouré de palissades en planches polies, flanquées de tours. La reine principale reçut les envoyés dans une chambre couverte de riches tapis. Ses suivantes brodaient des vêtements; elles se plaisaient à étaler une grande richesse en or, en pierreries et à montrer sur les tables des plats, des vases d'or et d'argent ciselés. Attila, au contraire, ne se servait que de coupes et de vases de bois; il ne mangeait ni viande ni pain. Parmi les envoyés de Théodose se trouvait le sophiste Priscus qui a laissé le récit de son ambassade. Le camp d'Attila était situé près de la ville de Naïssus, qui avait été détruite et dont les débris, jonchés d'ossements humains, faisaient horreur à voir. Théodose 11 négociait pour le tribut.

Il en fut des Avars comme des Huns. Ils avaient fixé leur camp principal non loin du lieu où se trouvait celui d'Attila. Il fallut que Charlemagne organisât deux grandes expéditions pour

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