LES IMPÔTS SOUS CHARLEMAGNE
ont-ils surtout pour objet le service militaire et la surveillance des domaines, des villœ dont les produits étaient la principale ressource de leur fisc. Dès lors, que ces ressources aient été insuffisantes pour permettre aux Carlovingiens de défendre les Gaules, contre les Sarrasins, les Northmans, les Hongrois et pour maintenir l'ordre intérieur, cela n'a rien d'extraordinaire. En définitive les éléments permanents de gouvernement ont manqué à Charlemagne ; son empire n'a pu avoir qu'un caractère provisoire. Il n'est pas, sans ressemblance, avec celui des Goths, bien qu'avec des tendances vers un état de civilisation supérieur, tendances nettement accusées par le concours que Charlemagne demanda à l'Eglise et qu'elle lui donna. Sans ce concours, l'œuvre de Charlemagne n'aurait pas été telle qu'elle apparaît dans l'histoire. De là, la dîme, le respect des biens ecclésiastiques, l'indépendance de la Papauté au moyen d'un domaine territorial. Le concours de l'Eglise pour convertir les nomades et les élever à un état de civilisation qui les attache au sol, les expéditions miUtaires destinées à briser les Confédérations nomades, voilà l'œuvre entière de Charlemagne.' A cet égard, l'œuvre a été grandiose. Le Christianisme a fourni à Charlemagne un incomparable agent de civilisation. C'est ce qui explique la grande place que l'Église prend, avec lui, dans l'organisation politique de l'Europe, place qu'elle a conservée, à peu près intacte, jusqu'à ce que sa mission fût accomplie (1).
(1) Vetault, ibidem, p. 385. Guizot, Hist. de la civilisation en France, 25» liM-on. H. Martin a ilonné deux résumés des capitulairos (Hist. de France, tome 2*, p. 276, 344). II n'en saisit nettement ni l"esprit ni l'origine. — Charlemagne dit-il (p. 344;, lit ce qu'il put pour arrêter la féodalité ; mais que peut le plus grand liomme du monde quand il lutte contre la tendance d'une ère historique. Comparer le gouvernement de Charlemagne par M. Berthelot ; Lavisse et Rambaud, {Hist. générale, 1. 1, p. 332, 375). — Faits et textes sont mieux appréciés.