G54 LA RUSSIE PRIMITIVE
« une certaine quantité de blé, de bétail ou d'étofTe : l'objet de « leur esclavage n'allait pas plus loin ». Montesquieu ajoute : « Cette espèce de servitude est encore établie en Hongrie, en « Bohême, et dans plusieurs endroits de la basse AUema- (i gne (1) ».
% l. La Russie primitive.
L'histoire de la Russie primitive se partage en trois périodes à chacune desquelles se rattache un centre ou foyer d'action : 1° la Varégie ou la Russie des Varègues, avec Novgorod pour centre; 2° la Russie byzantine, avec Kiew comme foyer principal; 3° la Moscovie, capitale Souzdal, puis Moscou. Ces trois périodes sont closes par la conquête et l'occupation des Mongols qui, de 1240 à 1480, sans asservir la Russie, la dominèrent complètement. Le régime que les Mongols imposèrent fut celui de la vassalité avec tribut, impôts et service mihtaire, comme dans la monarchie des Perses Achéménides.
Au point de vue politique et fiscal, chacune de ces périodes offre un caractère particulier.
L Première civilisation de la Russie. — Pendant les deux premières, l'effort principal des princes Varègues, de la maison de Rurik (859-1169), consiste à arracher les diverses tribus Slaves, Tchoudes, Touraniennes, situées entre le Dnieper et le Volga, à la domination des Khazars, des Petchénègues, et autres Confédérations de race touranienne et ouralo-fînnoise et à les contraindre de leur payer le tribut. Par conséquent, en dehors des redevances pi'opres à toute tribu ou Confédération de nomades ou de demi-sédentaires, la première forme de l'impôt sur le territoire de la Russie primitive a été le tribut, avec son double caractère de coopération aux dépenses d'une sorte de corps d'état représentant l'ensemble des tribus, et de reconnaissance d'une obligation ayant pour fondement une infériorité de forces. Ce tribut devint, avec le temps, le véritable caractère de l'impôt ordinaire.
(1) Exjjrit des lois, liv. XV, chap. xi. Montesquieu cite le texte, donné plus haut, de Tacite, 23.