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LES PRINCES VARÈGUES

lesquels s'engagèrent 83 guerres civiles. L'honorable M. Rambaud compare cette anarchie à l'époque féodale dans l'Europe occidentale. Cette comparaison n'est pas sans fondement ; mais, en Russie, l'anarchie était bien autrement profonde que dans l'Europe occidentale, parce que les conditions physiques et sociales n'étaient pas les mêmes.

Le Prince était entouré d'un corps de fidèles dévoués, sorte d'anstrustions, composant sa Droujina (1 ) ou sa Trust. Il les répartissait entre les villes ou centres principaux à garder, Rostof, Polotsk, Biélozersk, sortes de fiefs militaires temporaires. Ces fiefs rappellent ceux accordés aux Turcomans en Egypte ; ils n'ont rien de féodal. C'est de celte Droujina que proviennent les boyars ; rien de féodal. 11 n'y a à faire aucun rapprochement entre un baron féodal, qui est baron par lui-même, comme seigneur d'une terre qu'il ne tient que de Dieu, selon la formule féodale, et un boyar. Au-dessous des boyars, quelques rares marchands dans les villes [Gosti) n'ayant d'importance et d'indépendance qu'à Novgorod, quelques propriétaires [Lioucli)ne faisant pas partie de la Droujina, et puis les masses rurales divisées en deux catégories : le Smerde, le mougik actuel, homme de tribu et plus bas le serf, Kholopy. Le Kholopy était surtout l'esclave domestique, le prisonnier de guerre, l'individu acheté sur le marché; ce n'était pas le cultivateur, le paysan, faisant partie du Mir, avec une indépendance déjà limitée, même dans son intérêt (2). Du xie jusqu'à la seconde partie du xix<^ siècle, ces classifications n'ont pas beaucoup changé. La Droujina est devenue la Cour. Les Lioudi, les Boïars, la noblesse, d'un nombre très restreint relativement à la population; les marchands urbains n'ont pris de développement que dans les villes principales. Les paysans, accrus en nombre immense, ont été plus sévèrement reliés au Mir, aux seigneuries des nobles, aux domaines du prince, devenu le Czar, et les serfs domestiques sont restés tels.

dalie (anciennes tribus de Vesses, Mcrieus, Tchérémisses ; 6° celle de Volhynie ; 7» celle de Gallicie.

(1) Rambaud, ibidem, p. 64, 66 .

(2) Rambaud, ibidem, p. 67, 70.

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