RUINE DES CLASSES MOYENNES PAR LKS JUMFS
xv« siècle entièrement (Famille de Michel Montaigne). Des villes, des universités, de nombreux évèchés sont fondés. — Règne de Casimir le Grand (1340-1370), — Mais dès que périclite la situation des classes rurales, des Kmets, les classes moyennes sont attaque'es. Elles s'étaient montrées favorables au mouvement de la Renaissance, au droit allemand; elles allaient incliner vers la Réforme. Dès 1437, les diètes prétendent (1) fixer les prix des denrées et réglementer les bénéfices du commerce; les associations des métiers, les confréries sont interdites, dissoutes ; les délégués des villes et bourgs sont exclus des diètes; des taxes très lourdes sont imposées aux villes; en outre, les Juifs, probablement arrivés à la suite des Khazars, Mongols, Tartares, Turcs (2), deviennent les intermédiaires, les courtiers entre la Szlachta et les autres classes ; fonction qu'ils ont remplie, depuis cette époque jusqu'à aujourd'hui, dans toute l'Europe orientale, sans exception. Le Juif oriental n'habite pas exclusivement les villes, comme en Occident; il habite aussi les campagnes qu'il parcourt, infatigable et sans scrupule. Il a été pour la Szlachta un banquier ambulant et pour la Pologne un usurier redoutable, mais utile. C'est le contribuable le plus récalcitrant (3). Les Juifs engagèrent une guerre sans merci contre les bourgeois, la plupart allemands, bourgeois nobles, bourgeois cultivateurs, bourgeois cabaretiers et meuniers. Ils en arrivèrent jusqu'à porter les mêmes robes et la chaîne d'or des Kniaz.
(1) Lelevel, ibidem, p. 118. — Lavisse et Rambaud, 4« vol., page 455, Histoire générale.
(2) Ils sont signales dès lOyS.
(3) Salvandy, ibidem, compare les Juifs polonais iï une lèpre dévorante : nous pensons qu'ils ont apporté des capitaux qui ont servi ii la colonisation de la Pologne; mais sans patrie, sans intérêt territorial, ils ont contribué à empêcher la Pologne de devenir une nation. Les nobles n'habitaient pas leurs terres ; il fallait plier sous la puissance des Juifs que les maîtres avaient pour intendants et pour créanciers, page 132. — Lavisse et Rambaud, Histoire générale, 6« vol., page 645. — Dès le xii" siècle, les Juifs avaient accaparé les industries, le commerce, la banque, le fermage et le monopole des impôts, se multipliant jusqu'il mettre en péril la nationalité polonaise, h la fois oppresseurs, opprimés et très misérables. La tyrannie des Woiéwodes et des seigneurs avaient tué dan.s les villes toute espèce de liberté. La plupart n'étaient que de misérables et sordides bourgades, sans commerce et sans industrie. — Lavisse et Rambaud, Histoire générale, "^ vol., page 460.
COLONISATIO.V ALLEMANDE. 701
Dans les villes, ua autre élément a rendu à la Pologne de très grands services, mais cet élément a autant contribué que les Juifs à paralyser la constitution de la nationalité polonaise. Ce sont les colons allemands. La puissance colonisatrice allemande a été immense au Moyen âge. Elle reprend son cours sous nos yeux. Lors du premier partage delà Pologne, il y avait en Pologne 3 millions d'Allemands, la plupart dans les villes et 2 millions et demi de Juifs, soit le cinquième de la population sur 20 millions d'habitants. L'élément allemand avait tant d'importance que l'on avait dû respecter, en Pologne, la législation allemande. On était allé plus loin; on avait, en quelque sorte, reconnu deux droits, le droit allemand, le droit polonais. L'existence parallèle de ces deux droits montre d'une manière décisive que la Pologne n'a pas été une nation. Une nation, qui ne formule pas et n'impose pas, dans sa réalisation du droit, sa conception sociale, ne forme pas un ensemble. Elle est une simple agglomération de familles et de tribus (1). Quand les habitants des villes furent exclus des diètes, poursuivis dans leurs préférences religieuses, accablés de taxes, privés de leurs associations et de leurs confréries, ils devinrent un élément réfractaire; les villes s'appauvrirent, les ressources qu'elles fournissaient s'amoindrirent et la décadence de la Pologne fut irrémédiable. C'est exactement le contraire de ce qu'a produit en France le régime féodal. Il a laissé d'admirables monuments juridiques et il a fondé la plupart des villes, villages et hameaux qui couvrent la France.
VL Le fjouvernement et les institutions. — Dans les tribus et les Confédérations de tribus, le gouvernement est à la fois absolu et instable. Le principe d'hérédité, en général accepté, est modifié par le principe du choix, de l'élection. Ces deux principes ont alterné en Pologne pendant sept siècles. Avec le temps le principe du choix l'a emporté. Et quand Catherine II et Frédéric II jugèrent le moment venu de partager la Pologne, ils firent un traité (1764) pour contraindre par les armes, la Pologne à conserver la tradition, le choix, l'élection. C'était, en effet, le
(1) Lelevel, ibi<lem, page 5G, 4" vol. — Wolow.iki, même brochure.