INSTABILITÉ DU GOUVERNEMENT ET DES INSTITUTIONS
principe fondamental du régime politique de la Pologne, concordant avec l'idée républicaine que Lelevel qualifie d'équation civique nationale de l'État. Les hommes les plus extraordinaires produits, par les peuples nomades, Attila, Tchinghiz-Khan, ïamerlan ou Timour ont représenté les deux principes. Baty, neveu de Tchinghiz-Khan, avisé de la mort d'Oghodaï, partit subitement, abandonnant l'armée, pour être présent à l'élection de son successeur. Ce départ préserva l'Italie d'une dévastation inévitable. Le gouvernement de la tribu ou de la Confédération, sous une forme absolue, ne fonctionnait pas sans contrôle, surtout avant la conversion de la plupart des nomades du Nord au Mahométisme. EnQn, point important, déjà signalé, la tribu et la Confédération sont des organismes sociaux où, comme dans tout ce qui vit, règne l'inégalité des aptitudes et des fonctions. Dans toute tribu et dans toute Confédération, il y a une aristocratie de naissance et de richesse, de même que divers échelons sociaux. Ces préliminaires sont indispensables pour se faire une idée exacte du gouvernement et des institutions de la Pologne. La Pologne historique commence avec le règne de Boleslas Chroby (992-1025) qui fonde un empire temporaire, s'étendant des Karpathes à la Baltique. Boleslas meurt, son empire s'effondre. « Les anciennes tribus que n'a pas complètece ment fondues une royauté trop récente, retournent à une demi- « indépendance; des centres divers se constituent, et ils ne se « résigneront pas, sans arrière-pensée, à reprendre plus tard « l'existence commune. Les défauts naturels des Slaves, la pas- « sion excessive de l'indépendance individuelle, les tendances « particularistes et anarchiques, le goût pour les Confédérations « et les ligues, en un mot l'impuissance à comprendre et à « accepter les conditions de la vie sociale, que l'histoire, au « moins dans une certaine mesure, contient et corrige en « Russie, sont au contraire développés et exagérés en Pologne. « Incapables de défendre contre les Allemands la Silésie, la « Poméranie et la Prusse, coupés des montagnes et de la mer, « refoulés de l'Oder sur la Vistule, les Polonais ne parviennent « pas à s'assimiler les régions du Dnieper et du Dniester que « leur livrent un moment les divisions des Russes. Dès ce mo-