‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 15 sur 228 · DR LA CONDITION DES TERRES ET DES TENURES · texte numérisé non relu

DR LA CONDITION DES TERRES ET DES TENURES

milliards de francs dans de bonnes anne'es, production qui est en voie de s'accroître encore. Le sol de l'Allemagne ne comporte pas, malgré une agriculture très avancée, de semblables résultats; l'industrie et le commerce, quoique de très bonne heure assez prospères en Allemagne, ne pouvaient remplacer, comme aujourd'hui, ce que l'agriculture était hors d'état de fournir; les ressources, jamais en hommes, mais en subsistances, en vêtements, en capitaux, en numéraire ont, de bonne heure, 'fait défaut à l'Allemagne, pour soutenir l'œuvre impériale, l'unité de l'empire, d'autant plus que l'Allemagne orientale n'a commencé son développement économique qu'au xve siècle. Aussi à l'époque où la monarchie s'imposait comme la condition de l'ordre politique en France, la féodalité fédérative devenait celle de l'ordre économique en Allemagne. D'ailleurs la féodalité allemande a plutôt ressemblé à la féodalité française des xiii* et xiV siècles, déjà sur le déclin, qu'à celle du xi" siècle; le baron local, aux lieu et place du chef de bande et, plus tard, du senior, n'y a pas eu la même importance sociale qu'en France.

V. De la condition des terres et des tenures. — En ce qui concerne les terres, les différences sont encore plus grandes. Nécessairement la condition des personnes a influé sur la condition des tenures ; en France, à l'exception des alleux qui ont été en diminuant, le principe féodal, nulle terre sans seigneur a prévalu; il n'en a pas été de même en Allemagne (1) parce que : 1° les terres, relevant directement de l'empereur, étaient très nombreuses; 2" les communautés rurales avaient plus d'importance; 3o la liberté personnelle, notamment pour les paysans cultivateurs, était le fondement de la société même; 4° enfin l'œuvre de l'appropriation du sol s'est prolongée bien plus tard qu'en France. On distinguait par suite : 1° les terres relevant de l'empereur, sans faire partie de son domaine propre, mais soumises à son avouerie (2) {Vogtei). C'est par les effets de l'avouerie que beaucoup de villes allemandes relevèrent également de l'empereur; 2° la seigneurie réelle, dite grundheerschaft,

(1) Garsonnet, Tbidem, 316.

(2) Garsonnet, Ibidem, 498. — Secrétan, Ibidem, 150-165.

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