LE LIBERUM VETO
avec la Szlachta des nobles royaux, l'infanterie polonaise, les moins pauvres forment l'ordre équestre. La Szlachta est turbulente, démocrate, égalitaire vis-à-vis des Pan ou Magnats riches, individualiste et républicaine vis-à-vis de la Royauté. « En Po- « logne, dit M. Louis Léger, cette Szlachta formait une masse c( inorganisée; rien qui ressemblât à notre hiérarchie féodale « de l'Occident; tous les sz-lachcici étaient, en principe, égaux, « tous des frères. Parfois cette poussière de noblesse se crista- « lise en Confédérations, en diétines (1) ». ligaux entre eux, mais surtout avec les Magnats, avec le Roi, tous gentilshommes. Le même fait s'est produit en Hongrie, mais les Turcs Ottomans y mirent bon ordre, Dès lors se développa en Pologne l'idée de l'égalité entre nobles, entre frères et par suite celle de l'égahté des suffrages, qui conduisit à la nécessité de l'unanimité dans les délibérations des diètes. La majorité n'a pas le droit d'imposer sa volonté à un seul membre de la Szlachta. C'est l'individualité poussée au paroxisme. Le principe de l'unanimité a été voté dès i50o par la diète générale de Random (2). Il eut peu à peu pour conséquence de placer le droit individuel de chaque membre de la Szlachta au-dessus du droit général de la nation. « Dès la fin du xvi<= siècle, non seulement les mi- <■<■ nistres du roi, mais les gouverneurs des provinces, de districts « de château, Woiévodes, palatins, starostes, castellans sont à « vie. Ils peuvent refuser au Roi obéissance. A plus forte raison, « tout Szlachcic peut en faire autant. Dans les délibérations de « la diète s'introduit le liberum veto. Il y a des diètes rompues « par l'opposition d'un seul Nonce, dès le xv!!*" siècle. De 1652 « à 1704, sur o5 diètes, 48 sont rompues, souvent dès le début. « Sous Auguste III pas une seule ne put se tenir ». Aussi, continue M. Rambaud (3), comme les ministres n'avaient pas « à rendre compte au Roi, mais à la diète, ils n'eurent plus à « rendre compte à personne, ni les trésoriers, ni les Hetmans, de- « venus les maîtres irresponsables des armées ». Le premier libe-
(1) Lavisso et Rambaud, Histoire générale, 7» vol., p. 456.
(2) Porster, ibidem, p. 35.
(3) Lavisse et Rambaud, Histoire (jénéralc, 7" vol., p. 456.