‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 159 sur 228 · MONOPOLES : SEL, BOISSONS, HARENGS · texte numérisé non relu

MONOPOLES : SEL, BOISSONS, HARENGS

Maîtres du gouvernement, en réalite', les Pan, après avoir monopolisé la terre, eurent l'idée de monopoliser le sel, les harengs et les boissons. Dans une époque où d'autres intérêts, non moins imprévoyants et coupables, veulent développer les monopoles, si accablants déjà, de l'État, il y a comme une sorte de devoir de rappeler que la noblesse polonaise, avecle concours des Juifs, a monopolisé, à son profit, le sel, les harengs et les boissons.

Les Pan, à l'aide des capitaux d'Israël, retiraient des quantités considérables de sel des magasins royaux, au-dessous du prix de revient, en proportion de l'importance des seigneuries. Ils constituaient ainsi des magasins seigneuriaux, où le sel était revendu aux Kmets avec un gros bénéfice. Ils allèrent même, comme les traitants français, jusqu'à fixer un minimum obligatoire de consommation que chaque Kmet devait subir.

Il en fut des harengs comme du sel. Les Pan s'entendaient avec les gros marchands de Danzig pour accaparer les harengs et les revendre.

La pêche des harengs fut très fructueuse du xv" au xviii^ siècle dans la Baltique.

Il paraîtrait que l'organisation du monopole des boissons (bière, hydromel ou medon, eau-de-vie) donnait lieu à de plus grands abus encore. Les Juifs s'en étaient complètement emparés pour le compte des grands Pan, car tout monopole prête à toutes sortes de fraudes et de spéculations. C'est un précédent qui ne doit pas être perdu de vue. Bien des spéculations particulières se sont longtemps cachées sous le monopole des tabacs en France et s'y cachent probablement encore.

Tout l'édifice fiscal reposait donc sur les taxations et redevances que les Kmets, les Chlopy et les populations urbaines devaient pouvoir supporter.

Aussi, au milieu du xvm'' siècle, les revenus du roi de Pologne n'étaient-ils évalués qu'à 7,300,000 marcs (valeur du marc actuel) (1), sans compter les redevances en nature, les corvées,

(1) Lavisse et Rambaud, /''vol., p. 461. Les calculs sont faits d'après le marc allemand actuel. Il valait davantage au xviiie siècle.

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