REVENUS ET IMPÔTS
nia, la Masnia absolue », comme aux Etats-Unis. « Elle était « divisée en deux parts : celle des terrant ou Mos'neni et celle « de l'Etat proprement dite et de la commune. Les Mos'neni « (paysans) seuls avaient droit aux biens communaux, mais ils « n'en avaient que la possession temporaire. A leur mort, les « biens revenaient à la commune ou à l'Etat. La famille n'he'ri- « tait pas ». La justice était rendue par les Joupans. Sur les revenus des terres, les paysans devaient une dîme à l'État et une autre dîme à l'Eglise. On distinguait les paysans libres des paysans asservis. Les ressources du Gospodar consistaient dans : l» la dîme des terres revenant à l'État; 2" les revenus du domaine qui e'tait très conside'rable et dont il avait l'entière disposition; 3° la capitation ou le Bir qui était due par tous les paysans, asservis ou libres. Cette capitation se levait en bloc sur les paysans de chaque village, qui la répartissaient entre eux, d'après l'avis de chacun. Faut-il reconnaître dans cette capitation un souvenir de la capitatio terrena? Toutefois, cette capitation étant nommée Cisla (partage) par les Slaves, elle est probablement d'origine russe. Tous lesBoïars, nobles, fonctionnaires, évéques, prêtres en étaient exempts; 4° plusieurs impôts indirects « qui frappaient la fortune apparente et qui « consistaient dans l'impôt sur le vin dit vadrarit [de vedro, me- « sure), celui sur les grains [galetarit], sur les cabarets {vinari- « cin], sur les brebis {oierit), les porcs [goschtina], les abeilles « {desetina) (1) ». Toutes les classes payaient les impôts indirects. Leur origine doit être romaine ou byzantine.
Tous les hommes étaient tenus du service militaire. Les nobles et les paysans libres à cheval; les paysans asservis composaient l'infanterie. Les cavaliers (Curteni et Calaraches) , servaient à leurs frais. Les Darabani ou fantassins recevaient une solde. Déjà l'armée roumaine, composée de bons éléments, avait une réputation sérieuse. Elle fît éprouver aux meilleures armées turques de graves défaites. Elle doit être aujourd'hui, ainsi que celle des Bulgares, excellente.
(1) Lavisse et Rambautl, Huitoire géncmlr, t. III, cliap. xvii ; Vaillant, La Rfjumanie, V cpoque, p. 141.