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EXPULSION DES SLAVES

Nord, de la Baltique, du Brandebourg, de la Poméranie, qui étaient occupés par les tribus Slaves, Wendes, Wiltzes, Obotrites, Rédariens, Havelliens, et autres. Une lutte longue et terrible s'engagea entre Slaves et Germains ; certaines tribus, les Vendes, les Obotrites furent détruites, d'autres expulsées. Elles se réfugièrent non seulement en Lithuanie, en Pologne, mais jusqu'en Russie même, où s'est produit un refoulement, lent mais incontestable, des tribus Ouralo-finnoises et Touraniennes vers le Volga. « Les Slaves sont chassés pour faire place à de nouveaux « habitants; ailleurs, réduits à une condition inférieure, oppri- « mes et méprisés, ils se retirent peu à peu dans de misérables « villages, situés pour la plupart au bord des cours d'eau. Ils « oublient leur langue et se perdent dans le flot des envahis- « seurs. A la fin du xiv? siècle, l'œuvre de dénationahsation est « presque terminée, et les chroniques de Rugen signalent la « mort des deux derniers Slaves du pays... Quelques débris des « Drevlianes et des Lunes, se maintiennent dans le Lunebourg « jusqu'au xviii^ siècle. Leurs descendants se nomment encore « aujourd'hui les Vendes. A l'est de la Poméranie, quelques Slo- « vènes représentent les derniers misérables restes de ces puis- « santés tribus Polabes(l) sur les ruines desquelles s'est élevée « la grandeur de la Prusse ».

Après la conquête, vint la colonisation. Dès cette époque, la race germanique était douée d'une très grande force d'expansion, de colonisation. Contenue, refoulée du côté de l'Occident par la race française et par ses propres premières colonisations, elle se rejeta à l'Est. C'est alors qu'a commencé le grand mouvement qui devait la porter jusqu'au Niémen, pénétrer dans tous les États slaves et jeter des points de ralliement jusqu'en Russie. Le récit de la colonisation du Brandebourg, dû à M. Lavisse, est l'un des documents les plus essentiels concernant la colonisation germanique au Moyen âge, au point de vue des institutions qui la caractérisent, comme au point de vue des éléments de la puissance future de la Prusse, dont le Brandebourg est le foyer principal. Le Brandebourg contient aujourd'hui, avec

(1) Lavisse et Rambaud, Histoire oénérale, 2' vol., p. 750.

742 COLONISATION DU BHANDEBOUaC.

Berlin, plus de 4 millions d'habitants. C'était, au x= et au xv^ siècles, lorsque débuta la colonisation, une terre de marais, de marécages, de pauvres forêts avec un sol sablonneux et un climat très dur. Les tribus slaves, qui vivaient à peu près dans les mêmes conditions que les grandes tribus de l'Amérique du Nord au siècle dernier, avaient conservé les conditions, les mœurs, le culte des nomades. Elles s'étaient montrées très réfractaires au Christianisme. La lutte conduite, avec une extrême violence, au commencement du xii^ siècle, par Albert l'Ours, margave, eut donc le triple caractère d'une guerre de race, de religion et de territoire. «Dans le bassin moyen de l'Elbe, les Asca- « niens, à peu près indépendants de l'Empire, poursuivent avec « autant de persévérance que de succès, la politique inaugurée « par Albert l'Ours. Dans ces provinces, dont la population slave « disparaît rapidement, ils fondent un État d'une physionomie « très particulière, qui ne se distingue pas moins du reste de « l'Allemagne par le caractère de ses habitants, que par ses insti- <.( tutions, et qui prépare, dans des luttes patientes, sa fortune « future, en même temps qu'il la justifie par les services qu'il rend « à la patrie germanique. Dès 1232, les Ascaniens s'emparent « définitivement du Barnim et du Teltov; c'est là, sur la rive « de la Sprée, que naît au xiV^ siècle, de la réunion de deux « pauvres villages vendes, la future capitale de la Prusse. Vers « 1250, les Margraves franchissent l'Oder, et dans la région de « Kustrim, de Landsberg et de Soldyn, organisent sur le cours « inférieur de la Warta, la nouvelle Marche. Ils forcent les « Poméraniens à leur céder l'Uckermark et le pays de Stargard, u leur imposent leur suzeraineté et prétendent soumettre à leur (( domination la Poméranie orientale ou Pomérélie. Vers la fin « du xiii^ siècle, la puissance germanique est si solidement éta- « blie dans ces contrées (jadis entièrement slaves) qu'elle n'est « même pas ébranlée par l'extinction de la dynastie Ascanienne « (1319) et le long interrègne qui s'écoule jusqu'au moment où « les héritiers d'Albert l'Ours trouvent dans les Hohenzollern « des successeurs dignes d'eux (1) ».

(1) Lavisse et Rambaucl, Histoire fjénéraU, 2= vol., p. 749.

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