‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 174 sur 228 · G COLONISATION DE LA. PRUSSE · texte numérisé non relu

G COLONISATION DE LA. PRUSSE

de Brandebourg, devint grand-maîlre de l'Ordre Teutonique, se fit protestant, sécularisa les biens de l'Ordre, s'en empara et la Pologne se trouva avoir affaire à l'un des principaux représentants de la race germanique. Les causes du partage, provoqué par les rois de Prusse, de la Pologne remontent loin.

La colonisation entreprise par l'Ordre Teutonique a présenté des difficultés plus graves que celle du Brandebourg, parce que l'Ordre Teutonique, et, avec lui l'Ordre des Porte-glaive, qui réunirent leurs domaines, rencontrèrent dans les tribus finnoises et les Lithuaniens une résistance insurmontable. Même aujourd'hui, le Christianisme n'a pas de racines réelles dans cette partie de l'Allemagne. C'est à Kœnigsberg, capitale de la Prusse, que Kant a vécu, enseigné, écrit. « Les habitants furent soumis, « mais ils conservèrent leur langue, leurs mœurs, leur nationa- « lité. Aujourd'hui encore dans ces provinces oîi les Allemands « ont régné pendant six siècles, ils représentent moins de 7 p. « 0/0 de la population, tandis que les Finnois forment 39 p. 0/0 <■<■ et les Lithuaniens 47 p. 0/0 (1) ».

La colonisation de la Prusse, ou plutôt de la Borussie par l'Ordre Teutonique et les Porte-glaive diffère de celle des Brandebourg, mais n'est pas moins intéressante. Elle a préparé la prospérité, très grande actuellement, et non moins remarquable aux xive et xv^ siècles, de cette partie du royaume de Prusse, l'une des provinces, caractérisant le plus essentiellement, la civilisation prussienne. Son territoire s'étendait de Dantzig à Kœnigsberg, le long de la Baltique, entre la Vistule et le Niémen, de l'ouest à l'est, et la Russie, autrefois la grande Pologne, au sud. Avec le concours des colons allemands, accourus de toutes parts, et aussi celui de la Hanse, qui, de Dantzig à Riga, avait pris un grand développement dans cette région, l'Ordre y obtint des résultats considérables, sur lesquels M. Lavisse a donné les plus curieux détails (2). Plus de 1,400 villages furent établis avec des colons ou paysans, qui sont demeurés libres jusqu'à la fin du xv^ siècle. Ces colons étaient tenus au

(1) Lavisse et RaïubauJ, Histoire générale, 2' vol., p. 777.

(2) Revue des Deux-Modules, mars, a\Til, mal 1879.

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