DE L IMPOT DANS L EMPIRE DES MONGOLS
§ i. Étendue et caractère de l'empire des Mongols.
La constitutioa en une armée agressive, commandée par des chefs de premier ordre, tels que Souboutaï et Baty, bien équipée, pourvue d'engins supérieurs à ceux des autres nations, des tribus nomades Turques, Mantchoues, Mongoles et autres qui erraient depuis les frontières de la Chine jusqu'à celles de la Perse, du Gobi au Caucase, restera le plus grand, comme le plus redoutable effort des peuples nomades. Dans son Apocalypse, saint Jean a classé les masses innombrables qu'il voit défiler devant le trône du Très-Haut, en races, tribus et peuples {omnibus gentibus, tribuhus et populis). A son époque cependant, le souvenir de la vie nomade et des grandes agglomérations auxquelles elle peut donner lieu, devait être oblitéré, si on le compare, du moins, au long spectacle auquel ont assisté, pendant 7 ou 800 ans, les anciens colons de Trajan, réfugiés dans les Karpathes et les montagnes de la Transylvanie. Les Mongols ont été la dernière apparition : car Tamerlan n'est pas arrivé jusqu'en Roumanie. Leur apparition a été aussi la plus destructive et la plus terrifiante (1). On ne peut comparer les Mongols qu'aux Huns, aux Avars, aux Hongrois; mais les Mongols marchaient plus vite. Cavaliers infatigables, ils laissaient au loin leurs impedimenta, chariots, bagages, troupeaux, famille?; ils faisaient, parfois, jusqu'à 230 kilomètres par jour. Le plus habituellement, leurs
(1) Ils égorgeaient Jr sang-froiil, dans les pays connuis, hommes, femmes et enfants; ils inceniliaient les villes, les villages, détruisaient les moissons, transformaient en déserts les contrées florissantes, et cependant Ils n'étaient animés ni par la haine ni par la vengeance. A peine connaissaient-ils les peuples, qu'ils exterminaient. D'Ohsson, l"' vol., chap. i.