FINANCES ET PAPIER-MONNAIE. 7B
riode , avaient pu conserver un système d'impôts régulier et d'assez bonnes finances, mais à peu près nomades eux-mêmes, les Arabes furent impuissants à soutenir le Khalifat et surtout à le respecter, c'est-à-dire à accepter un gouvernement re'gulier et permanent. Les Khalifes introduisirent alors en Asie Mineure et en Perse les divers éléments nomades, la plupart turcs, qui, moyennant une solde, leurpermirent de prolonger leur existence. C'est contre les divers groupes turcs, Gaznévides, Seldjoucides, Khariasmiens, que les Mongols vinrent se heurter. La rencontre de ces divers groupes en Perse et en Asie Mineure y provoqua une anarchie complète dans les conditions de la propriété foncière et dans les finances. Cette anarchie fut aggravée par les attributions aux chefs de tribus mongoles de domaines, à titre de bénéfice militaire et de villages, d'après un bien vieux procédé oriental, à titre de bénéfice fiscal, et par la création d'assignats sur les impôts, notamment sur l'impôt, fourni en nature pour l'entretien et la solde des troupes.
A l'époque où le butin servait de solde militaire, succéda, peu après Tchinghiz-Khan, l'époque de la paie avec entretien complet, parce que les expéditions ne produisaient plus à peu près que des massacres et que les tribus militaires s'étaient disséminées et affaiblies. Non seulement, il fallait payer, mais nourrir, vêtir, équiper, armer le soldat. L'impôt ne suffisant pas, on avait eu recours, en imitation de ce qui avait lieu en Chine, au Tchao, au papier-monnaie (1). Mais les Persans se montrèrent encore moins accommodants que les Chinois. Le Tchao fut retiré. Ghazan améliora assez rapidement cet état de choses en rétablissant l'unité, la sécurité, la confiance, en diminuant les assignations, en soumettant les finances, les impôts à des inspecteurs [Hakim) qui étaient chargés de lever les impôts et de parer aux dépenses. Ils devaient, avant tout, veiller à l'entretien et à la solde des troupes, puis parer aux dépenses ordinaires. Le surplus était versé à l'Ordou des Khans.
(1) Avec interdiction de faire circuler l'or et l'argent, de fabriquer des bijoux. Tout or et argent devrait être remis au Trésor sous peine de mort et confiscation des biens. D'Ulissou, -l' vol., p. 101. Law avait été précédé par Gail^iiatou.
770 l'empire de timour.
Ces améliorations ne survécurent pas à Ghazan ; c'est le sort de tout ce qu'entreprennent les peuples nomades. L'anarchie reparut en Perse et Timour put s'en emparer sans difficulté.
§ 6. L'empire de Timour. — Impôts. — Finances.
Du vivant de Tchinghiz-Khan, son fils Djagataï avait été apportionné de la Transoxiane et du Khorassan. C'était un bel héritage, mais où dominaient les Musulmans. L'Oxus est déjà loin de la Mongolie et de la Mandchourie. Il se créa donc dans ces contrées, dont Saœarcande et Balk étaient les grandes villes, un foyer musulman, peu sympathique aux influences mongoles. C'est dans ce milieu que naissait en 1336 Timour ou Tamerlan, fils de Teragui de la tribu des Barlass(l). Soutenu par cette tribu et ses alliés, Timour parvint, après de longs efforts, à prendre la place en Transoxiane des héritiers de Djagataï et à être élevé, comme roi, sur le feutre blanc en 1360. Il avait dû ses succès à l'appui des Musulmans. Il se déclara par suite l'adversaire des Mongols et contribua beaucoup à les affaiblir. C'est le caractère de sa carrière politique. Ses courses en Asie Mineure et dans l'Inde n'ont été que des aventures sans portée, dans le genre de celles de ?^adi7'-Shahn, xviiie siècle. Son véritable empire n'a compris que le lot attribué à Djaggataï, agrandi de la Perse. A sa mort, la Perse a repris son entière indépendance, mais la Transoxiane, dans laquelle le Turkestan, Khiva, Bokkara, Samarcande, le Ferghana, l'Afghanistan avec les divers États des Pamirs étaient englobés, a formé une sorte de petit empire qui se trouve aujourd'hui, pour la plus grande partie, dans les mains de la Russie, et, pour le surplus, sous l'influence de l'Angleterre.
Timour a laissé un ouvrage rédigé par lui-même, sur l'administration fiscale de cet empire (2). On trouve dans cet ouvrage des renseignements .intéressants sur Timour, son œuvre entière, ses plans, ses moyens d'action, qui étaient remarquables,
(1) U était iiar Djagataï, arrière-petit-flls de Tchinghiz-Khan.
(2) Instituts de Timour, traduits iiar Langlois, 1787.