IMPÔTS ET FIXA.N'CES
projets sur les impôts, les finances. Bien que devenu musulman assez ardent, Timour a dû posse'der plusieurs des grandes qualités de son bisaïeul. Le chef d'Etat et le brigand étaient réunis dans cet homme extraordinaire, mais aussi .féroce que les Mongols. En outre, le sectaire musulman remplaçait dans Timour le mongol boudhiste indifférent. D'après les détails donnés par Timour, il est à supposer que le système fiscal de l'Empire arabe, calqué en partie sur celui de l'Empire byzantin, et que le système fiscal de la Perse, modifié par l'Islam, n'avaient pénétré qu'en partie en Transoxiane, car il y a des différences sensibles entre ces systèmes et l'ensemble des institutions fiscales de Timour.
1° L'impôt est essentiellement territorial; il est basé sur le produit des terres en céréales. Il est fait trois parts de ce produit. Si les terres sont arrosées par des canaux, le fisc en prend une. Le producteur peut la retenir en la réglant en argent au prix courant. Autrement, sur les récoltes de trois arpents en grains, l'État prenait trois charges sur le premier arpent, deux charges sur le second et une sur le dernier. Dans ces arrangements, l'État prélevait à la fois l'impôt et la rente. 11 devait avoir d'anciens droits dans la propriété du sol;
2° Pour les autres produits, le prélèvement de l'État variait du tiers au quart. Pour les herbes et les fruits il y avait des droits spéciaux ;
3° Les cultivateurs avaient à leur charge l'entretien des canaux. Cet entretien a encore beaucoup d'importance dans les deux Turkestans;
4" L'État faisait des avances en outils et en grains aux cultivateurs, auxquels une police régulière donnait une certaine sécurité;
.oo Le service militaire était obligatoire; mais l'armée recevait une solde, réglée d'après le prix des denrées;
6° Des dispositions spéciales distribuaient l'assistance aux pauvres; des caravansérails, des hôpitaux, des mosquées, des écoles, des routes avec gardes étaient établis;
7" Des agents et intendants spéciaux assuraient, dans chaque p rovince, le recouvrement des impôts et la régularité des dépenses