‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 189 sur 228 · IMPÔTS ET FINANCES · texte numérisé non relu

IMPÔTS ET FINANCES

avec défense d'employer les moyens violents, notamment le bùton et les fers;

8° Les droits des hordes et des tribus étaient réglés avec soin ;

9° Les terres abandonne'es, remises en culture, jouissaient d'exemption d'impôts pendant trois ans;

10" Les canaux e'taient tenus en état;

11° Les pèlerins, les colons étaient protégés.

On doit conclure de ces renseignements que la grande majorité des populations de la Transoxiane, devenues sédentaires, se trouvaient en opposition formelle de vues, de coutumes, avec les nomades, dont elles étaient entourées. Elles ont dû saisir, avec empressement, l'occasion de se séparer de l'empire des Mongols. Timour a représenté leurs véritables intérêts. lia donc laissé parmi elles un grand souvenir. Ce souvenir contraste avec les raids, pillages et massacres qui, au contraire, lui ont valu une sinistre réputation chez les Mongols, les Turcs d'Asie, les Persans et même en Europe. Timour a favorisé les intérêts de l'Europe orientale en précipitant la ruine des Mongols du Kiptchak et en retardant les attaques des Turcs ottomans.

Cependant, si l'on peut considérer que Timour a doté d'une certaine civilisation, d'après l'expression de M. Léon Cahun, l'effroyable milieu des Musulmans de Khiva, Bokkara, Samarcande, Hérat, il ne faut pas entretenir d'illusions sur le véritable caractère de cette civilisation (1). Le capitaine Younghusband vient d'en retrouver les derniers vestiges chez les petits Khans ou patriarches brigands qui vivent au fond des vallées des Pamirs que les Cosaques tiennent aujourd'hui en respect (2). Les nomades ont connu l'impôt, le papier-monnaie, la finance, mais ils n'ont pas connu la civilisation, car Khoubilaï, Houlagou (3) et Timour sont leurs plus honorables types.

(1) Léon Cahun, ibidem, Hist. r/énorale, Lavisse et Raïubaud, 3'' vol., p. 962, La civilisation en Transoxiane.

(2) Younghusband, The Ecart of a continent, 1896, p. 341. Notamment Mohammed Haziiu, Khan de Munza, au fond des Pamirs et le Khan de Chitral.

(3) A. de Rémusat, Mémoire, 1" vol., il 171, appelle Houlagou un bandit.

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