‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 193 sur 228 · TRAITÉS DE PROTECTION · texte numérisé non relu

TRAITÉS DE PROTECTION

La sécurité des concessions a produit une prospérité réelle en activant la production, la formation de la richesse qui ont été suivies du développement de la fiscalité. La prospérité de la France, de l'AUemage occidentale, de l'Angleterre au xii^ et au xiii« siècle est attestée par les Croisades, la fondation des villes, des villages, l'augmentation de la population, les défrichements, la mise en culture d'une partie des forêts et des marais.

A cette prospérité a correspondu la reconstitution des impôts dont les uns avaient disparu, dont les autres avaient été nécessairement appropriés par les seigneurs ou grands propriétaires, au milieu de la profonde anarchie qui a suivi la chute de l'Empire romain d'occident. Les droits de rachat, de relief, d'amortissement, de franc fief, les lods et ventes sont la preuve de la valeur qu'avaient acquise les diverses formes de la propriété foncière. Par suite, le régime féodal a été essentiellement fiscal et la plupart des administrations fiscales de la France actuelle, d'une productivité fiscale incomparable, proviennent en ligne directe de la féodalité.

A la fin du xiv« siècle, l'impôt est solidement rétabli dans la France féodale, mais il est à l'état de morcellement, comme !a féodalité elle-même. Et il faudra des crises terribles, des efforts acharnés, tant le régime féodal s'adaptait aux temps où il est sorti des entrailles mêmes des diverses parties de l'Europe occidentale, particulièrement en France, pour lui restituer son caractère général et national.

Il serait, à notre avis, chimérique d'essayer des comparaisons entre les destinées de l'Europe occidentale, en partie romanisée et féodale, et celles de l'Europe orientale, qui n'a pas connu le régime féodal, mais où il a fallu maintenir la servitude complète ou la condition corvéable jusque pendant le xix© siècle. L'Europe occidentale, au point de vue de la civilisation générale, de la production, de la richesse, a une telle avance qu'elle la perdra difficilement, et elle doit, en partie, cette avance précisément au régime féodal qui a complété la colonisation de ses territoires, assis ses populations, élevé leur niveau, tout en les façonnant complètement à l'impôt. L'impôt est le fondement de la nationalité.

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