CONDITIONS DES TERRES
même que dans les derniers temps de l'empire romain, les empereurs concédaient des bénéfices militaires. Les Grecs byzantins, les Ottomans, les Mongols, les empereurs d'Autriche, les Russes dans l'Ukraine ont aussi eu recours aux bénéfices et aux colonies militaires pour fixer et défendre les populations. En Espagne, soit avant Tinvasion arabe, soit après, ce sont presque exclusivement les rois wisigoths ou espagnols qui acceptaient la recommandation et accordaient le bénéfice militaire. La guerre sainte et permanente contre les Arabes ou les Maures ne put que fortifier cette situation. Avec le temps les bénéfices militaires devinrent la plupart héréditaires sous divers noms : Honor, tierra, tierra de Seniôrio, Behetria, Encomienda. L'Honor et la Tierra étaient des tenures miUtaires simples. La tierra de Seniôrio formait un vrai fief avec les droits de seigneurie et de justice. Le seigneur de Behetria n'avait pas la justice, mais le service militaire lui était dû et les redevances de ses vassaux lui restaient acquises. Pour les autres tenures militaires, le seigneur n'avait droit qu'à une partie des redevances foncières des tenanciers, à titre de solde militaire; les autres appartenaient au Roi auquel étaient dus l'hommage et la fidélité. Il y avait par suite des différences profondes entre la condition des seigneurs fonciers en France et en Espagne. Le pouvoir royal y était tout autre et le service militaire plus dur, conséquence de la guerre permanente contre les Arabes.
Il y avait également des différences assez sensibles dans la condition des terres, selon les divers royaumes. En Aragon et Catalogne ces conditions se rapprochaient de celles de la France; elles s'en éloignaient davantage en Castille et dans la Navarre.
Les Villanos et les Pecheros étaient possesseurs des tenures, dites Solaricgos, qu'ils ne pouvaient vendre à l'origine. Ils en devaient le cens ou la rente. Le défaut de paiement du cens, la vente de la tenure à une personne étrangère, la détérioration du sol entraînaient le commise. « Une ordonnance d'Alcala (1348)
et étranger, 1862). — Garsonnet, Ibidem, 230-245. — Lavlsse, Histoire générale, t. II, chap. xii.ett.III, chap. ix. Les royaumes ibériqiies. — Rosew Salnt-Hilalre, H. d'Espagne, t. II et IV.