PROGRÈS DE LÉGYPTE SOUS LES ARABES
Quelques gouverneurs aggravèrent, de temps à autre, le Djizyé et le Kharadj; ils entreprirent des réformes monétaires désavantageuses. Souleyman établit même un système de passeports très onéreux et exigea que les non-Musulmans portassent un anneau rappelant leur condition de tributaires — mais ces exigences ne paraissent pas avoir été durables; les Coptes conservèrent encore, pendant quelques années, la levée des impôts, avec l'administration des finances qui leur avaient été réservées lors de la capitulation, de même que les prêtres et les moines avaient été déclarés exempts d'impôts et du tribut.
Sous les Abbassides, pendant la période brillante de Harounal-Raschid, d'Al-Mamoun, les gouverneurs de l'Egypte devinrent moins dépendants du pouvoir central; ils respectèrent, de moins en moins, les arrangements fiscaux et financiers antérieurs. S'appuyant sur des bandes de Turcomans et de Circassiens mercenaires, ils augmentèrent les impôts pour les solder; ils tendirent à modifier les conditions mêmes de la propriété foncière. « Jusqu'alors, outre l'impôt personnel payé par les chrétiens « seuls (le Djizyé), les habitants de l'Egypte n'avaient été soute mis qu'à un seul subside, le Kharadj (1). Ce subside était établi « sur le revenu net des terres cultivées », Babbak, l'un des chefs des milices turques, fit augmenter l'impôt foncier en y ajoutant un nouvel impôt mensuel, dit le Hélaly,plus des taxes spéciales sur les terres vagues (El Miray) et sur les pêcheries (El Masaye) avec le monopole du Natron. Comme l'Egypte était demeurée riche, les Turcomans voulurent l'exploiter. On évalue qu'à son décès, Toulung, fondateur de la première dynastie turque de l'Egypte, laissa dans son Trésor 10 millions de dinars et, qu'en 32 ans, l'Egypte avait pu payer 1,500 millions de francs d'impôts. A la fin du x^ siècle, El-Mostanser-El-Billah fit procéder à une révision de l'impôt foncier.
Cet état de choses commença à s'altérer vers l'époque des Croisades, à raison de l'influence que les milices turques, turcomanes et circassiennes exercèrent bientôt dans tout l'Orient.
(H Marcel, ibUem, ji. 62.