CHAPITRE VIII
l'impôt chez les nomades du nord de l'asie
ET de l'eUROPE.
§ 1. Migrations et Nomades des races du Nord.
Les nomades du Nord ont plus d'importance que ceux du Midi parce que, pendant de longs siècles, les conditions de climat, de territoire leur ont été plus favorables. A raison des déserts inhabitables qui y tiennent une grande place, l'Arabie, même avec ses prolongements en Syrie, n'offre qu'une e'tendue, relativement restreinte, pour des peuples nomades. Il n'en est pas de même pour le Nord de l'Europe et de l'Asie qui, depuis la mer du Nord, ne forme, presque jusqu'à l'océan Pacifique, qu'une plaine illimitée sur laquelle les monts Ourals se détachent à peine (i). Au midi de cette plaine se développe, en Asie, une autre région, séparée de la première par diverses hautes chaînes de montagnes, les monts Célestes ou Thian Chan, les Sayansk et les Yablonoï, au pied desquels s'étendent des plateaux considérables, le désert de Gobi et les deux Turkestans, russe et chinois, d'une superficie de plus de 3 millions de kilomètres carrés.
Sur ces plateaux de l'Asie Centrale et dans l'immense plaine de l'Europe et de l'Asie du Nord, ont vécu, d'après les plus anciens documents historiques, Hérodote, Strabon, confirmés par les ouvrages chinois , un grand nombre de peuples ou
(1) Des bruyères du Brabant septentrion."»! on peut se diriger de l'Ouest h l'Est, même à travers les passages de l'Oural, jusqu'aux steppes asiatiques qui entourent les pentes des monts Altaï, sans franchir une hauteur de 12 à 1^300 jneds (400 mètres). — SI l'on supposait une route des landes du Brabant aux steppes de l'Asie, on trouverait une plaine continue sur une longueur qui égale presque la demi-circonfcrencc du globe. A. de Humboldt, Asie Centrale, 3« vol., pages 11 et 12.
CHANGEM/:.NTS DANS l'hYDROGRAPHIE DE l'aSIE DL' NORD. 5"J9
conrédérations nomades [[) que l'on a rattachés la plupart à trois races principales : 1° la race de Touran, pour TAsie centrale, 2'' la race ouralo-finnoise ou ouralo-allaïque pour la grande plaine du iXord et 3^ la race d'Iran pour le plateau de la Perse. Ces trois grandes races, qui ne sont pas sans diverses ressemblances et affinités, ont, pendant une suite indéterminée de siècles, vécu à l'état complètement chasseur, pastoral et nomade. La tribu y est progressivement devenue, de même que pour la race arabe, la forme du développement économique, social, politique. Ces races paraissent même s'être partagées en partie, en tribus sédentaires et en tribus nomades, beaucoup plus tard que les Arabes. De même que les Arabes se sont trouvés, depuis de longs siècles, en rapports directs et intimes avec de grands foyers de civilisation, tels que la Chaldée, l'Assyrie, la Babylonie, la Syrie, la Phénicie et l'Egypte, de même les peuples du I\ord, principalement ceux appartenant à la race de Touran, ont été en communication avec le puissant centre de la Chine, celui de l'Iran et même ceux des vallées du Tigre et de l'Euphrate. Les races de Touran et ouralo-altaïque semblent avoir eu pour aires principales de formation, les deux Turkestans pour la race ouralo-altaïque, et pour la race de Touran, les parties de la Mongolie avoisinant la Chine, telles que l'Alashan, l'Ordos et la Mandchourie. C'est dans ces provinces qu'on retrouve encore les tribus survivantes des Mongols, de même qu'elles ont été, aux xiie et xiii^ siècles, le point de départ de leurs migrations et de leurs conquêtes. C'est là que les ont retrouvées les voyageurs du xiue siècle. Du Plan Carpin , Rubruquis et Marco Polo, comme ceux de la fin de notre siècle, les pères Hue et Gabet, le colonel Pjrévaslky, M. Piassetsky et M. Younghusband (2).
(1) L'Asie centrale, divisée en bassins par des oliaines de montagnes de différentes directions et de différents âges, offre à l'établissement des sociétés humaines de chasseurs (Sibériens) de pasteurs (Icirghiz), et kalmoucks, de peuples agricoles (Chinois) une diversité de plaines, de terrasses, de hauts fonds, (jui modilient d'une manière prodigieuse les températures et les climats. A de Hiimboldt, Ibidem, 22-23.
(2) L'ÉconomUite franc lis, 15 août 1896, contient uu article dans lequel nous