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LES DROITS FÉODAUX EN ANGLETERRE

la fois la grande prospérité agricole de l'Angleterre et le caractère profondément moral et religieux de sa haute civilisation. Nous renvoyons pour de plus amples développements, spécialement pour le rachat des dîmes, au chapitre consacré aux impôts en Angleterre au xix« siècle.

VI. Des droits féodaux en Angleterre. — Les droits féodaux n'ont pas eu en Angleterre le même caractère qu'en France, parce que les conditions générales de la propriété foncière, delà liberté individuelle, de la sécurité, de la société et de la civilisation n'étaient pas les mêmes. La véritable féodalité est résultée de la transformation subie par la civilisation gallo-romaine sous l'influence des invasions germaniques. En Angleterre, la civilisation romaine n'avait pas assez d'importance pour résister aux afflux des Angles, des Saxons, des Danois qui, avec quelques débris celtes, kymriques, gaéliques, ont fait et font encore le fond de la population et de la civilisation. Il y avait bien quelques éléments féodaux dans les afflux Scandinaves et germaniques, mais les éléments romains ont manqué totalement. Or, nous avons montré quelle part revient à ces éléments romains, le judex, le seigneur justicier, les justices seigneuriales, les redevances seigneuriales dans la féodalité française, part essentiellement fiscale, qui a subsisté jusqu'en 1789. Cette face de la féodalité, ce genre de droits féodaux est à peu près étranger à l'Angleterre; au surplus les traditions, coutumes, redevances, taxations féodales transportées en Angleterre par Guillaume le Conquérant et ses chevaliers ont été celles de la Normandie, la partie des Gaules la moins romaine et la plus germanisée. Il en résulte que la féodalité a été, en Angleterre, différente de sa condition en France, moins oppressive, moins fiscale, avant tout foncière. Aussi a-t-elleduré bien davantage et n'a-t-elle pas donné lieu aux mêmes luttes, ni aux mêmes polémiques. En outre, le pouvoir royal l'a toujours limitée, puisque c'est avec lui qu'elle a été installée en Angleterre. Pendant au moins un siècle, les chevaliers, devenus propriétaires des Manors, et les Thanes saxons ralliés, ont eu besoin de la protection royale. Jamais ils n'ont compris les villes anglaises dans leur seigneuriage. Le Manor ou fief militaire noble normand n'a pas de rapport avec la grande

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