LA RACE DE TOUBAN
qui explique le rôle de premier ordre qu'elles ont eu dans les civilisations qui y ont fleuri : Chaldée, Assyrie, Babylonie, Médie, Perse. C'est la race de l'e'criture et des inscriptions cunéiformes. C'est la souche des Parthes, des Huns, des Kurdes, Kirgliiz et Kalmoucks, des Turcs de toute sorte, des Mongols et probablement d'une partie des peuples que les Grecs, d'après Hérodote, comprenaient sous les noms de Scythes et de Massagètes, qui tous tiennent une grande place dans l'histoire de l'Asie. Les Parthes et les Turcs ont passé, peu à peu, de l'état nomade à l'état sédentaire, bien qu'il existe encore des tribus nomades d'origine turque. Kurdes, Kalmoucks^ Kirghiz, subsistent toujours tels qu'Hérodote et Strabon les ont décrits. Les Kurdes ne sont autres que les Massagètes (1).
Absolument réfractaires à toute civilisation, les Kurdes ont conservé la vie errante des antiques tribus de l'Arabie. Partant, ils se plient fort difficilement à l'impôt, bien qu'ils soient assujettis à une taxe de séjour, soit en Perse, soit en Turquie; mais le paiement de cette taxe est très irrégulier; il provoque de fréquentes révoltes (2). Ce n'est que sous la domination des Russes que les Kurdes s'acquittent de bonne grâce, par la raison que le gouvernement russe limite leur liberté de parcours et tend à rendre leur condition demi-sédentaire.
Les Huns, entrés plus tard sur la scène, se sont dispersés ou fondus dans d'autres peuples provenus de la race ouraloaltaïque et de la race d'Iran, notamment les Hongrois qui les représentent aujourd'hui avec grand honneur.
Les Mongols n'ont pu, malgré la fondation d'un empire plus vaste que celui des Arabes, cesser d'être nomades; ils le sont encore, parcourant, dans tous les sens, le désert de Gobi, conservant le souvenir de leur grandeur passée, mais soumis à la Chine qu'ils avaient conquise. Renvoi pour ce qui concerne
(1) M. A. de Humboldt a discuté les célèbres textes d'Hérodote, liv. VII, § 64 et liv. XVIII presque en entier. — Asie Centrale, p. 389 et s. — Strabon, liv. VII, chap. III et IV. — Rawlinson, Tlerodotus, V vol., essai neuvième.
(2) Curzon, Persia, 1890. M.Curzon est sous-secrétaire d'État des affaires étrangères du cabinet Salisbury.