IMPOTS ET MONNAIES DES PEUPLES NOMADES
« favoris sont les steppes au nord du Caucase, les prairies du « Kouban et du Térek, les collines entre le Volga et la Kama. « C'est de là que, suivant les chances de la guerre, ces tribus, « connues des Europe'ens sous le nom de Huns, se jettent sur « l'ouest, à la tète de leurs sujets Magyars, Bachkirs, Bulgares, « Abares, Kbazars (i). »
Ces tribus ont pourorigine des clans rompus (2), à la suite des défaites qu'elles ont essuyées de la part des Chinois et de leurs propres migrations. Mais elles ont conservé les habitudes et l'organisation militaires qui les caractérisent particulièrement. Elles obéissent à des Kagans qui s'entendent pour former des confédérations ou qui sont forcés de s'y associer. Attila a été un grand Kagan de ce genre, c'est-à-dire le chef, le maître, le Khan des Khans d'une grande confédération, comme celles des Arabes, plus puissante encore, plus redoutable, mais moins durable. De même pour Mokan Khan qui domina dans la Transoxiane, et dont M. Léon Cahun (3) a tracé l'histoire. Le propre de ces confédérations, c'est d'être temporaires, de vivre durant la vie du Kagan qui les établit par la force, ou durant celle de ses fils, de se dissoudre et de se reconstituer, car sans le fondement territorial, il n'est pas possible à l'homme de rien faire qui dure. Ces confédérations ont leurs impôts qui lèvent sous la forme que la richesse revêt chez elles, soit leurs immenses troupeaux, moutons, chèvres, chevaux, chameaux, vaches, bteufs. Les impôts sont perçus par des receveurs qui laissent des entailles pour quittances. Elles ont même une monnaie spéciale, frappée par les Chinois, car leurs relations avec le grand marché de la Chine sont incessantes, de même que celles de l'empire russe actuel avec la Chine. «On possède des exemplaires des monnaies sino « turques, portant une inscription bilingue en caractères chinois « d'un côté, paléoturcs de l'autre ». Elles font le commerce, échangeant les produits de leurs troupeaux et de leurs chasses pour des étoffes, de la quincaillerie, des grains; elles tianspor-
(1) Léon Cahun, Ibidem, Les (n-igînes, p. 99.
(2) Léon Cahun, Ibidem, Les origines, p. 87.
(3) Léon Cahun, Ibidem, Les origines, p. 91, 110.