TRIBUS, CLANS ET CONFÉDÉRATIONS
E. Desjardins (1) a réunies en divers groupes ou Conféde'rations principales. — Belgique, 15 Confédérations ; Celtique, au nord de la Loire 22, au sud 14 ; Aquitaine 9 ; ensemble 60. Les Confédérations ou civitates comprenaient un certain nombre de pagi (pays) qui étaient des tribus (2). Les Confédérations, ordinaires et grandes, étaient reliées par des liens réciproques que César a pris pour des iiens de clientèle, mais qui reposaient sur d'autres bases, celles de la mutualité et de la solidarité d'existence. Quelquesunes de ces Confédérations (3), telles que celle des Bellovaques qui pouvait armer 100,000 combattants et comptait 400,000 membres, avaient une grande importance. 5° les tribus se fractionnaient en clans et les clans en familles. César en donne un exemple décisif. Quand Orgétorix se présente aux Helvètes pour les décider à se transporter chez les Santons, il arrive accompagné parles hommes de son clan, 10,000 personnes ; 6" de même que dans la tribu arabe, chaque tribu, chaque clan a son chef qui doit protection et assistance aux membres de la tribu et du clan; réciproquement ces derniers sont tenus traditionnellement à des obligations expresses envers le chef de la tribu et le chef du clan (4) ; ce sont les familiares et les ambacti de César, à côté desquels il place les clientes et les comités , engagés par des liens plus personnels vis-à-vis des chefs. Le comes gaulois est à peu près le compagnon germanique (5). Les uns et les autres, comme dans toutes les tribus, et comme Orgétorix le rappelle en termes exprès, marchent avec la tribu, s'arment et s'entretiennent à leurs frais, fait de premier ordre que nous relèverons à propos des grandes invasions des Mongols; 7o dans l'intérieur des familles, mêmes liens, mêmes obligations que dans les clans (6); 8° les Confédérations possédaient des terres communes, sortes de réserves;
(•1) Géographie fiistoriqae des Gaules, 2« vol., chap. iv.
(2) Napoléon III (Duruy), Hist. de César, 2« vol., p. 26. « Le pagus représentait peut-être ce qu'est la tribu ,'chez les Arabes ».
(3) A. de Courson, Origines des institutions de la Gaule armoricainf, p. 89, 104, 133, U8.
(4) A. de Courson, Origines des îiistitutioiis de la Gaule armoricaine , p. 22r, 228 ; du même, Ilist. des peuples bretons, 2' vol., p. 9 il 47-
(5) De Belloguet, Ethnogénie gauloise, 3" partie, section v.
(6) De Courson, Origines , p. 89.