‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 73 sur 228 · IMPÔTS DES GAULES CELTIQUES · texte numérisé non relu

IMPÔTS DES GAULES CELTIQUES

allusion dans le discours de Liscus, Vergobret der Eduéns. Liscus soutient « qu'il va dans le pays des particuliers qui, plus « influents que les magistrats, égarent et soulèvent les popula- « lions par des discours séditieux et les empêchent de livrer le « grain qu'ils doivent (1) ». En retour de la protection et de l'assistance qu'ils reçoivent, par leurs chefs, du clan ou de la tribu, leurs membres sont tenus, à titre de réciprocité, de livrer, chaque année, des redevances en nature, en grain ou en bétail. Redevances en bétail, redevances en grain sont des indications des formes de la richesse, tout aussi bien qu'elles correspondent aux moyens d'alimentation. Ces redevances sont la forme principale de l'impôt pour les peuples nomades. On les retrouve, sur une très grande échelle, chez les Mongols, les Slaves, les Russes, comme chez tous les peuples nomades. Ce fait a été mis spécialement en relief par Sumner-Maine (2). Nous allons y revenir à propos des Germains. Les redevances en grain accusent déjà une différence notable entre les Gaulois et les Germains. Les redevances en grain ou en farine ne sont pas caractéristiques des peuples ou tribus sédentaires. On les rencontre tout aussi bien chez les peuples ou tribus nomades, chez les Arabes comme chez les Huns. Parfois même, pour les nomades, une partie de ces redevances était payable en monnaie, car les peuples nomades ont des monnaies. Ils possèdent même des registres ou livres d'impôts. Le texte de César sur le dénombrement des Helvètes confirme les entailles des Hiong-Nou. Dans le clan de la tribu gaélique de l'Armorique, de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, le chef ou Penkenedl doit l'assistance et la protection ; il reçoit les redevances dont le taux est spécifié par les coutumes (3). Il en estdemèmedu Cheik arabe et du Kagan turc ou mongol. Les uns et les autres représentent la tribu ou le clan. De même, quand les Confédérations s'organisent, les chefs des tribus s'entendaient avec les chefs, rois, Kings, de la Confédération.

Quand les empereurs romains organisèrent les impôts en Gaule,

(1) Commentaires, Ij. 1, XVIL

(2) Lecture V, p. 149. Early institutions.

(3) De Courson, Institutions de la Gaule armoricaine, p. 297, et Hiatoire des peuples bretons, 2* voL, p. 9.

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