‹ L'impôt dans les diverses civilisationsChapitre 75 sur 228 · CARACTÈRE DE LA CONQUÊTE ROMAINE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE LA CONQUÊTE ROMAINE

sédentaires et qu'elles n'eussent conservé aucune habitude nomade. L'état affreux d'anarchie qui a succédé, dans les Gaules, à la. pax romana, état qui s'est prolongé durant 500 ans, n'a pas ©té seulement provoqué parles migrations des Germains, Huns' Hongrois, Sarrasins, Northmans; il est également résulté des conditions même des populations gallo-romaines. Seul, le Christianisme et le régime féodal ont définitivement assis les populations; seuls ils les ont peu à peu préparées à payer des impôts variés, nombreux et réguliers; quelque part que l'impulsion religieuse ait eue dans le mouvement extraordinaire des Croisades, cette impulsion ne suffit pas pour les expliquer. Elles ont été, en partie, un dernier effort de l'esprit nomade, de la race celtique et de la race germanique. Mais les Italiens, sédentaires depuis des siècles, malgré la présence des Papes et leur foi ardente, n'ont pas quitté leurs foyers. L'impôt a été entièrement approprié sous les Carlovingiens et jusqu'à la fin du xiii^ siècle. La Gaule Franke a renversé les Mérovingiens pour avoir tenté de résister à un mouvement irrésistible. Dans ce mouvement, si les Francs réfractaires à l'impôt ont eu l'initiative, ils n'ont pas été seuls à agir.

Ainsi la conquête romaine a eu lieu à une époque de transition, redoutable pour les tribus ou peuplades nomades des Gaules, à l'époque où elles abandonnaient la condition nomade pour la condition sédentaire (1). Les nécessités d'une lutte implacable n'ont pas réussi à les unir contre l'ennemi commun. C'est la meilleure preuve qu'elles avaient été longtemps nomades, mais qu'elles n'étaient pas encore définitivement sédentaires. Leurs Confédérations se sont présentées successivement, pendant dix ans, aux coups d'un ennemi implacable. Dans un passage des Commentaires (2), César parle d'unir les forces de l'Italie contre

(1) Commentaires, L. 6, XXII; Ci'mr, par Napoléon III, 2«vol., p. 36, 9; de Bellogiiet, 3« vol.

(2) C'est l'un des passages les plus curieux des Commentaires. Il montre que la lutte était nationale. La victoire a donné l'empire à César, mais elle a aggravé la décadence de l'Italie.

« Magni interesse etiaui in rellquum tcmpus ad opinioneni Gallia; existimans tantas videri Italiiu facuUates, ut, si quid esset in bello dctrimenti acceptum, non modo in brevi tempore resarciri, sed etlam niajoribus augerl copiis posset. Livre VI, 7. »

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