DON, CONTRIBUTION, AMENDE, TRIBUT
beaucoup d'égards, en avance sur les divers groupes germaniques, même les plus rapprochés du Rhin. Leurs impôts avaient une double forme; ils consistaient principalement dans des redevances personnelles et des redevances entre tribus et Confe'de'rations. Deux textes, l'un de Tacite et l'autre de César, indiquent quelles étaient les formes de l'impôt chez les Germains. « Il est « d'usage que les tribus offrent à leurs chefs un don en troupeaux « et en grains, auquel on contribue par tête, et qui, reçu comme un <( honneur, subvient aussi à leurs dépenses. Mais rien ne flatte « plus ces chefs que les présents qui leur sont envoyés des pays « voisins, à titre particulier ou à titre public : chevaux de choix, <( belles armes, harnais, colliers. Nous leur avons même appris a à accepter de l'argent (1) ». De cette phrase si concise de Tacite, se dégage une forme de l'impôt, la plus antique, le don en nature, que l'on rencontre dans les premières monarchies de l'Orient, mais déjà altéré dans sa simplicité par l'usure de la civilisation. Ce don est offert aux chefs par tous les membres de la tribu et réparti par tète. Le principe du pouvoir politique et social remonte ainsi bien loin. Le don est fait en nature, vel armentorum, velfrugum. Il n'est pas entièrement volontaire. C'est l'impôt de la coutume : mos est civitatibus ultro ac viritim conferre principibus (2). A ce premier impôt, il y a lieu d'en joindre un second, dont l'importance est devenue extrême à l'époque féodale, ce sont les amendes dues pour les délits et les crimes. «Il y a pour les fautes plus légères, des peines proporlion- « nées. Le coupable paie une amende en chevaux ou en bétail, une « partie revient au roi, une partie à la tribu, le reste à l'offensé '( et à sa famille (3) ». L'attribution d'une partie des amendes à la tribu et à la famille, responsables au surplus, est caractéristique de l'état social. Les Confédérations, les tribus, leurs chefs avaient une autre ressource dont l'importance historique est très considérable. Tacite y fait allusion en disant : jam et pecuniam, accipere docuimus. César nous l'explique en termes beaucoup
(1> De Moribus, XV.
(2) De Morlhitë, XV.
(3) De Moribn.% XII.