LA SCANDINAVIE
vers le m'' siècle avant Jésus-Christ. C'est là qu'il plaçait Vultima Thulé. Pline, Pomponius Mêla, plus tard Ptolémée, faisaient de la Scandinavie une île, l'île de Scanzia, Scandia, Scandinovia, entourée par l'Océan, de toutes parts. Ils n'avaient que des notions vagues sur les limites de la mer du Nord, qu'ils confondaient avec l'Océan, et aucune sur la Baltique. Tacite a été un peu moins mal renseigné. Il distingue la mer Suevique {Suevici maris) de l'Océan, et l'Océan Arctique de l'Océan luimême (1).
La Scandinavie comprenait alors, comme cela a duré jusqu'au xviii" siècle, le Danemarck, avec les îles qui le composent, la Suède et la Norwège, et le bassin de la Baltique. Chacune des parties de ce groupe géographique a eu son époque, son étape, ses tribus et ses Confédérations dans le mouvement des migrations. Les Cimbres et les Teutons, précédés déjà par les Kymris, sont venus du Jutland, ainsi que les Danois. Les Goths et les Rousses (2) ont eu, pour point de formation et de départ, la Suède et le bassin de la Baltique. Les Northmen avaient la Norwège pour principal centre.
Les populations primitives de cette zone de l'Europe, en laissant de côté les Lapons, qui se trouvaient à l'extrémité septentrionale, se rattachaient directement au rameau germanique dont elles avaient, en partie, la langue, les mœurs, les institutions, la vie nomade, modifiées par les diflérences de climat, de l'habitat et du temps. Les tribus germaniques occupaient un territoire très étendu, relié à d'autres territoires, relativement fertile; les tribus de la Scandinavie, au contraire, ne disposaient que d'un territoire limité, montagneux, parfois aride, mais elles avaient devant elles la mer, de tous cùtés. Elles tendirent par suite à devenir des nomades de mer comme de terre. Peu à peu, elles ont pris le caractère marin ; elles ont fondé le plus grand empire maritime du globe; sauf leur première migration connue historiquement, celle des Cimbres et de Teutons, leurs autres migra-
(1) Strabon, liv. VII, cliap. u : Ptolémée, liv.II, chap. xi; Pomponius Mêla, liv. II, chap. II ; Pline, liv. IV, chap. xxxn.
(2) Nom primitif des Varégues.