MIGRATIONS MARITIMES
lions ont eu un caractère maritime, même pour les Rousses. Elles vivaient, à l'e'poque, où elles prennent place dans l'histoire, sous la forme de tribus, réunies en Confédérations, comme les Germains, tribus nomades, à la fois de chasseurs, de pêcheurs, de pasteurs et de cultivateurs temporaires. Diverses circontances mettent en mouvement les peuples nomades, tantôt les événements physiques, une inondation, une sécheresse, une famine; tantôt Taccroissement de la population que, selon l'observation profonde de Tacite, les nomades ne limitent jamais, bien qu'ils en souffrent souvent, parce qu'il est le fondement de leur indépendance (1); tantôt l'exiguïté du territoire pour les pâturages, la chasse, la culture temporaire du sol; tantôt la pression d'autres nomades, les attaques, les guerres, les défaites, les expulsions; tantôt le besoin de changement propre aux peuples nomades; tantôt même les combinaisons politiques de leurs chefs, l'ambition, l'envie qu'excitent chez les nomades les jouissances apparentes, les récoltes plus régulières, les ressources, les réserves plus réelles, les agglomérations, les métaux précieux des peuples sédentaires. Toutes ces causes ont longtemps contribué à provoquer, à accélérer et à maintenir les mouvements et les migrations des peuples nomades. Toutes ont eu leur part dans leurs attaques contre l'Empire romain et sa subversion qui a exigé cependant plus de dix siècles. Enfin la proximité de la mer, particulièrement du grand Océan qui inspirait comme une espèce de terreur, ou au moins de respect à Tacite, " on raconte que cette mer est paresseuse et lourde « sous la rame; que les vents mêmes ne la soulèvent pas comme « les autres... nulle part la mer n'étend davantage son domaine, « elle porte, de côté et d'autre, une infinité de bras; elle pénètre « dans les terres, y circule, s'introduit même entre les collines « et les montagnes, comme dans son lit naturel (2) ». Il se trouve qu'en décrivant les rives de la Bretagne, Tacite a aussi décrit celles de la Norwège, ces innombrables Fjords qui présentent
(1) Xumerum liberorum finlre, flagltium habetur, de Monbus, 19. QuaBto pins propinquorum, quo magis atflniuni numerus, tanto gratlosior senectus : nec ulla orbitatis pretia, 20.
(2) A^lcola, § 10.