PUEMIÈRE MIGRATION DES SCANDINAVES
au marin, au pêcheur, au pirate des moyens d'armement, de refuge el d'attaque tels que, depuis que la Norwège a pu avoir une certaine population, l'industrie maritime, la pèche, la piraterie, la navigation commerciale ont été confondues en quelque sorte avec son existence même (1).
Le propre des tribus scandi naves a donc été la piraterie, la vie nomade de mer. C'est de leur milieu, de leurs mœurs, de leurs traditions qu'est sorti le plus grand peuple maritime de l'humanité. Ce sont les Danes et les Norses qiii ont apporté à l'Angleterre son principal contingent maritime, en même temps que le goût, la pratique indomptable des aventures, aussi bien sur terre que sur mer. Les Vikings du Danemarck et de la Norwège ont été les précurseurs, les aïeux des hommes qui ont conquis la Normandie, puis l'Angleterre, puis la Sicile, Naples et qui ont eu une si grande part dans les Croisades. Ils sont aussi les ancêtres des vainqueurs de Poitiers et d'Azincourt, époque où ils ont rançonné à fond la France, comme ceux de ces merchants adventurers, qui ont les premiers ouvert la Russie duxvi"' siècle au commerce anglais; c'est la race-type des demi-nomades, des populations qui ne sont pas irrévocablement attachées au sol, qui peuvent vivre partout et, qui, en fondant l'empire et les colonies de l'Angleterre, ont été le principal agent de la civilisation comme du renouvellement des races dans l'humanité.
Les renseignements fournis par César, Strabon, Tacite, sur les mœurs, les institutions et les impôts des Germains, peuvent s'appliquer, en partie, aux tribus Scandinaves (2), sauf les habitudes plus maritimes et plus nomades, car elles disposaient de
(1) Les Grecs s'adonnèrent ù, la piraterie lorsque les relations par mer furent devenues plus fréquentes. Des hommes puissants commandaient ces entreprises soit au point de vue d'un profit personnel, koU à fin de 2}ourvoir ù la subsistance du faible. Tombant l'i l'improviste sur les villes sans mm-ailles et formées d'habitations éparses, ils les pillaient et vivaient en grande partie du produit de ces rapines; ce métier, d'ailleurs, n'emportait aucune honte, ou plutôt il n'était pas sans gloire. Tous les Grecs autrefois vivaient constamment armés, habitant des maisons ouvertes ; sans aucune séciu'ité dans leurs voj'ages , ils vaquaient eu armes, comme les Barbares, à toutes les fonctions de la vie ordinaire. — Thucydide, Uv. 1, { 5 et § 8.
(2) Les usages, consacrés par le temps, suivaient les Barbares dans leurs longues migrations. — Lehuérou, Institutions miroviitgiennee, p. 279.