LES WISIG0TH5 EN GAULE ET EN ESPAGNE
des redevances en nature, parfois en argent, à la charge des bénéfices nailitaires, concédés par les Rois (1). Comme la plupart des peuples nomades ou demi-nomades, les Wisigoths durent préférer, ainsi que les Burgundes, le tribut ordinaire aux charges de la propriété. Quoique les Burgundes aient exigé deux partages des terres, ils les rétrocédèrent presque toujours ou les concédèrent moyennant des redevances qui se convertirent plus tard dans le cens, car tous les peuples germaniques ou Scandinaves, tout en habitant de préférence les campagnes, s'y livraient plutôt à la pèche, à la chasse, au parcours et au pâturage qu'à la culture réelle du sol (2).
Aussi, dès l'arrivée des Arabes, les Wisigoths disparaissent de l'Espagne, comme les Ostrogoths de l'Italie. Quelques bandes se joignirent aux guérillas de Pelayo dans la fameuse caverne de Covadonga (3) où se prépara l'héroïque résistance qui a jeté tant d'éclat sur les Ibères, Cellibères, Asturiens, tandis que les Basques (4) refusaient leur concours. C'est le fond ibérique, le vieux sang hispanien, les populations depuis longtemps latines, chrétiennes, sédentaires qui firent face aux Arabes musulmans. « Vers celte époque, les noms gothiques commencent « à devenir plus rares et ceux-mèmes que l'on rencontre pren- « nent une physionomie plus latine et plus espagnole. Les noms « de villes et de lieux commencent à subir les mêmes transfor- (( mations. La langue parlée s'altère en même temps que l'idiome « gothique était à peu près complètement disparu. Le latin lui- ■< même, la langue naturelle de l'Espagne, finit par se corrompre • dans la bouche du peuple. C'est à ce moment que l'Espagne « gothique, se retrempant dans les Asturies, aux sources de
(1) Voir plua haut, La fiodalUé en Espaijnc. Fauriel, ibidefn, \" vol. 468.
(2)Fauriel, ibidem, p. 468. L'homme libre, n'avait autre clwse à faire que la ijuerre et à y être prêt. Réflexion profonde de Fauriel et qu'il ne faut jamais perdre de vue pour comprendre Thistoire de l'Europe au Moyen àfre <( nam ne in pace fiuideni vultu mitiore uiansuescunt ; nulli douais aut &wr,aat alinun nira : prout ad quem que venere, alluntur, iirodigl alieni, comptentores sui, donec e.xsanguis seneetu.s tam iluni' virtuti imparcs faciat » de ^Jllr^h'n<, XWL
(3) Rosew Saint-Hilaire, Uixtoire d'Espagne, i' vol. livre r\'.
(H FauriH, a.nile iiuri-linimle. s- vol., ji. 347.