LES LOMBARDS
et civilisées de l'Italie ne purent s'habituer au contact permanent avec des nomades tels que les Ostrogoths. Il y avait antipathie complète de mœurs, d'idées, d'institutions. Witigès se montra encore plus modéré que Théodoric. Attaqué, vaincu par Bélisaire, il offrit de se contenter de l'Italie du Nord et de payer tribut à Justinien. Ses offres sont acceptées. Tout à coup, pendant la nuit qui suit les arrangements, Witigès prépare une attaque nouvelle. Il avait oublié ses engagements (t). Les Ostrogoths durent quitter l'Italie; ils allèrent se disperser chez les divers peuples nomades, situés au delà des Alpes. Ils disparurent de l'histoire, après y avoir tenu un rang et joué un rôle pendant au moins 300 ans.
§ 13. Les Lombards.
Les Lombards remplacèrent les Ostrogoths en Italie (2). C'étaient des alliés de Justinien ; 5,000 d'entre eux avaient pris part aux derniers combats, à la suite desquels les Ostrogoths décampèrent. Ils étaient de race germanique et formaient une des plus anciennes Confédérations nomades de la Germanie. Ils habitaient entre l'Elbe et l'Oder près de Magdebourg. Ptolémée (3) et Velleius Paterculus en parlent aussi. Velleius les a combattus du temps de Tibère. Il en dit : gens etiam gcrmanœ feritatis ferocior (4). Tacite les mentionne plusieurs fois. Ils n'avaient pas encore d'importance (o). Il s'est écoulé près de oOO ans entre la mention que leur accorde Tacite et leur arrivée en Italie ; leur existence comme nation nomade est donc un fait certain. Ils
(1) Bradlej-, Ibidem, 252-253.
(2) Les Lombards étaient des Germains. Xdus suivons ici l'ordre des temps et non celui îles races. D'aillleurs les Lombards avaient été entraînés dans le mouvement des Goths et mêuie dans ceux des Huns, des Avars. Cet entraînement est une des lois des peuples nomades. Il expliciuc seul la violence de certaines migrations. On peut le comparer aux fleuves torrentiels qui emportent tout à leur suite.
(3) Livre VII, chap. xi.
(4) Velleius Paterculus. livre II, chap. cvi. — Velleius parle d'une foule immense de Lombards qui se courbait (prombuit aiite tribunal imper atorii).
(ô) Contra Lan^obardos paucitas nobilitat quod, pluriniîs ac valentissimls nationibus cincti, non per obsequlum, sed prœliis et periclitando tuti sunt : de Moribus, XL.