‹ L'impôt de capitation: Sous le Bas-Empire romainChapitre 52 sur 58 · TENDANCES COMMUNISTES · texte numérisé non relu

TENDANCES COMMUNISTES

Il est impossible que le système fiscal que nous avons décrit n'ait pas eu pour conséquence de développer dans les villages de paysans libres des germes de communisme ; pourtant les textes ne permettent que d’entrevoir cette évolution que le raisonnement indique comme inévitable.

Cette évolution était inévitable pour deux raisons. D'une part l’Etat avait posé ce principe très grave que taxer le paysan ou la terre revient au même, parce que chaque existence de paysan suppose normalement le revenu d’un lot de terre; du moment que, de plus, chaque capul de paysan est, en principe, taxé également, il suit que la part d’un paysan doit être normalement égale à celle d’un autre. Ne devait-on pas se trouver ainsi conduit à des redistributions de propriété ? Comme le paysan des vici domaniaux, le paysan des vici publici, des villages libres, ne devait-il pas obtenir de la commune le manse correspondant à sa force de travail et à son entretien ? — D'autre part, le village était taxé en bloc et solidairement responsable (1) : l’Etat ne voulait pas savoir si, entre deux périodes de recensement, des paysans inscrits au registre des capila étaient morts ou avaient fui. Comment les paysans qui demeuraient dans le village pou-

(1) Sur cette responsabilité collective, Zulueta, De patrociniis vicorum, l. c. 10 ; — elle est légale en Egypte dès le Haut-Empire : id. 64.

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