PS
arts qui multplint lees commodités de la vie asservissent les cœurs, affaiblissent les corps, énervent le vrai courage. Il y a entre le luxe et les mœurs une incompalibilité absolue : or ce sont les bonnes mœurs qui font la durée des Etats. « De quoi s'agit-il donc précisément dans cette question du luxe ? De savoir lequel importe le plus aux empires d'être brillants et momentanés, ou vertueux et durables. Je dis brillants, mais de quel éclat ? Le goût du faste ne s'associe guère dans les mêmes âmes avec celui de l’honnête. Non, il n'est pas possible que des esprits dégradés par une multitude de soins futiles s'élèvent jamais à rien de grand; et, quand ils en auraient la force, le courage leur manquerait... Les anciens politiques parlaient sans cesse de mœurs et de vertu : les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent... On a tout avec de largent, hormis des mœurs et des citoyens. »
La question ainsi portée sur le terrain politique, Rousseau la reprend et la développe dans le Discours sur l’origine de l'inégalité. Les richesses ne contribuent pas seulement à précipiter les bleue, 5 mai 1900), faite par Dumas à Lavoisier. Il est utile d'observer que dès son premier discours, Rousseau se place tout de suite at point de vue antique, qui est celui du groupe social et du salnt collectif, et qu’il met au premier
rang les qualités du caractère, le courage, la vigueur physique, la vertu.
AGE peuples vers la ruine, elles vicient dans ses fondements la société même du genre humain.
Qu'est-ce qui donne naissance à l'inégalité ? la propriété. Qu'est-ce qui l'accroît et la fortülie ? l'argent. Qu'est-ce qui suscite l'esprit de domination ? la puissance matérielle. Les lois rédigées le sont pour l'avantage des possédants ; les gouvernements établis ne se servent de leur force qu’en faveur d'intérêts particuliers (1). La source du mal social réside tout entière dans lopposition créée entre l'intérêt de quelques-uns et celui de tous par la propriété et la richesse. Quiconque s’approprie au delà du nécessaire le fait aux dépens de ses semblables (2). Or le strict nécessaire est le même pour tous ; « l’homme est le même dans tous les états, le riche n'a pas l'estomac plus
(1) Lettre à d’Alembert, p. 221 « Dans une république, l'opulence d'un particulier peut aisément le mettre au-dessus des lois. Alors le gouvernement n’a plus de force, et le riche est toujours le vrai souverain. » Rousseau ne manque aucune occasion d’insister sur cetle toute-puissance de la richesse, attestée du reste par l’étymologie du mot (Reich, empire).
(2) Origine de l'inégalité, p. 78 « Ignorez-vous qu'une multitude de vos frères périt ou souffre du besoin de ce que vous avez de trop, et qu'il vous fallait un consentement exprès et unanime du genre humain pour vous approprier sur la subsistance commune tout ce qui allait au-delà de la vôtre? »