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tance s’affirme chaque jour davantage par la place qui lui est faite de plus en plus grande dans les systèmes financiers modernes. Toutes ces transformations dans les formes d'impôts ne sont que la conséquence immédiate de l’évolution profonde des conditions de la vie économique et des changements imposés à la politique sociale par les exigences des classes pauvres.
1° Selon toute probabilité, la première forme que revêtit l’impôt chez les peuples primitifs fut la capitation (1). C’est la forme la plus simple d'impôt, puisqu'elle frappe également tous les citoyens : tout imdividu qui fait partie de la communauté politique, qu’il Soit pauvre ou qu'il soit riche, paie la même somme. A ce titre, on peut même vraiment dire que la capitation est le seul impôt personnel, dans le sens littéral du mot, puisqu'il est le seul qui atteigne le contribuable lui-même.
La capitation se rencontre à l’origme de toutes les fiscalités. La Perse antique eut des impôts par tête, ainsi que la Chine avant la dynastie actuelle. De même en Grèce, un tribut fut levé sur les affranchis et sur les étrangers établis dans l’Attique. A Rome, la capitalio humana et la capitatio plebeia furent des impôts
(1) Sur toutes ces questions d'histoire de l'impôt, consulter les ouvrages de M. ESQUIROU DE PARIEU : Traité des impôts, 1866, livres IT et III du t. I ; Histoire des impôts généraux sur la propriété et le revenu, 1856. Consulter aussi l'ouvrage de M. FOURNIER DE FLaix, L'impôt dans les diverses civilisations, 1897, et celui de M, MaARION, Les impôts directs de l'Ancien Régime.
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personnels; en Turquie et en Egypte, la taxe appelée jizie où haradje à eu le même caractère. L’Angleterre a levé des taxes par tête à partir du règne d’'Edouard HI
et pendant très longtemps, il a fallu, dans certains
bourgs, payer une capitation, le poll tax, pour jouir de la franchise électorale. La Suède et la Hollande connurent aussi les taxes personnelles; dans le premier de ces Etats, elles étaient apelées mantalspenningarne, dans le second, elles formaient l’impôt du hoofdgeld. L'Allemagne à perçu pendant très longtemps des capitations sous le nom de capitagium, cavagium, leibzins, kopfsteuer. L'impôt par tête ne fut pas moins employé dans le midi de l’Europe que dans les pays du nord. C’est ainsi que la capitation apparut souvent dans les finances des Etats italiens sous les noms de festatico, de focatico, d’imposto personale. En France, cette forme d'impôt s’est rencontrée à diverses périodes de son histoire. L’impôt romain de la capitatio humana paraît avoir été levé sous la monarchie franque; il fut ensuite remplacé par un capilis census, payé par les sujets au roi, Soit à raison de leur personne, soit à raison de leurs biens.
C’est sans doute une institution souverainement injuste que la capitation, puisque la perception uniforme par tête charge également tous les individus, quelle que soit leur situation de fortune. L’usage universel qu’on en fit, malgré ce caractère inévitable d’iniquité, s'explique cependant aisément par la simplicité des conditions économiques, au milieu desquelles on vivait aux époques primitives. L'agriculture formait alors
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l'unique source dé revenu; la terre était la seule véritable richesse et la répartition n’avait point encore atteint le degré d'inégalité qui constitue son essence actuelle. Si on ajoute à cela que l'impôt n’était qu’une ressource extraordinaire, on sé rend compte comment on pouvait accepter une pareille forme de contribution. Cet impôt eut d’ailleurs plusieurs modalités : tantôt, c'était la capitation proprement dite, tantôt c'était ut impôt par famille, par feu, tantôt enfin il existait sous forme d'un vague impôt général sur la fortune mobilière et immobilière, suivant une estimation très grossière de l’ensemble de cette fortune.
2° Le développement progressif des conditions économiques amène la deuxième phase de l’évolution de l'impôt. Dès que la vie sociale se complique, dès que la division du travail fait sentir plus fortement sés effets, le Système d'impôt se modifie. L’impôt personnel abandonne très vite ses caractères originaires; il cesse d’être apliqué conformément à son principe. La connaissance plus exacte qu’on à de la fortune, le perfectionnement des moyeris d'évaluation des revenus, permettent d'établir une capitation graduée où impôt personnel par classes, par ordres. On tient compte des conditions sociales et surtout politiques des contribuables, et on les répartit ordinairement entre uñ certain nombre de catégories différentes, d'après leur profession, leur naissance, leur état social, et quelquefois leurs biens. C’est conformément à ces principes que fut organisée, lors de son établissement en 1695, la capitation graduée, qui fut Fun des impôts les plus
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