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values, elles ont échoué. Mais le mouvement considérable d'idées qui se produit en sa faveur chez nos voisins, aura peut-être raison bientôt de ce sentiment de respect que nous avons si profondément enraciné en nous, pour tout ce qui touche à la propriété.
Ce coup d'œil d'ensemble jeté sur les régimes fiscaux les plus importants suffit pour témoigner de l’ampleur du mouvement législatif financier en faveur de la personnalité: sa rapidité et son intensité sont d’autant plus ramarquables que de gros obstacles s’opposaient et s'opposent encore à son développement.
C’est d’abord la méthode ou plutôt l'absence de méthode qu'ont pratiquée jusqu’à nos jours les législateurs dans le domaine fiscal. Il est en effet une habitude séculaire et invétérée qui pousse les ministres des finances à n'avoir recours dans la plupart des circonsances qu'à des mesures dispersées, prises au fur et à mesure des besoins, sans considération pour ce qui précède, el encore moins pour ce qui pourra suivre. « À chaque jour suffit sa tâche », telle a été la devise de la politique financière des Etats. Quand une nouvelle nécessité apparaît, on crée une nouvelle recette, où on modifie une ancienne, mais on ne conçoit pas que l’on puisse rattacher toutes ces mesures à un système logique. Or, la personnalité, pour être réalisée, demande une organisation d'ensemble, systématique. Toutes Les lois fiscales doivent être construites d’après un plan adopté à l’avance et chacune doit s’y rattacher étroitement. La considération de la personne doit intervenir non pas pour un seul impôt, mais pour tous, el c’est
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seulement dans leur ensemble qu'elle prend touta sa valeur. Nous constatons cependant, de nos jours, précisément, en raison de l'influence du principe de la personnalité, une tendance générale vers une organisalion scientifique el systématique des impôts. On n’abandonne plus autant les choses au hasard; on semble s'être rendu compte que chaque impôt fait partie d’un tout, el que dans ce tout, il joue un rôle particulier; enfin que tous ensemble ils sont destinés à se compléter, à se combiner de façon que la charge totale imposée à chacun satisfasse l’idée qu’on se fait de la justice. Les Etals recourent actuellement d'autant plus volontiers à la réalisation systématique de la personnalité dans leurs impôts, qu'ils y trouvent des qualités de tout premier ordre pour une source de recettes : la souplesse et l'élasticité. Par la simple élévation du taux, sans bouleversement économique, ni social, puisque l'impôt personnel réalise le maximum de justice et d'égalité, le Trésor voit affiuer les sommes dont il peut avoir besoin, pour faire face à un événement imprévu comme une menace de querre ou la querre elle-même: l'orage passé, on ramène les recettes à leur équilibre ordinaire par une simple opération innerse de la première.
Une autre idée s’opposait au développement de la personnalité, c'est la conception individualiste de la propriété. Jusqu'à la fin du xIX° siècle, la propriété étail restée pour la grande majorité comme un droit éminemment sacré et inviolable, et il était interdit d’en étudier les crigines; on estimail par suite qu'il n'y avait pas de raison pour que telle ou telle partie de