M OU CE LENS
L'esprit d'entreprise, à part cette influence indirecte, souffrira encore de l'effet direct que l’impôt aura sur lui.
Un industriel ou un commerçant peut préférer réaliser un chiffre d'affaires très élevé en se contentant d'un léger pourcentage comme bénéfice; avec l'impôt sur le chiffre d’affaires son bénéfice net sera bien moins élevé que celui d’un autre commerçant, qui vend peu mais à des gros prix; ce bénéfice peut même être complètement englouti par le Trésor ; car le montant de l'impôt sera d’autant plus considérable que le chiffre d’affaires réalisé par lui sera plus élevé.
Un autre conséquence de l’impôt (celle-là au moins est heureuse) serait la disparition des mercantis. C'est la guerre aux mercantis, grâce au droit que la loi confère à l'administration de suivre l’origine de la marchandise par les copies ou les extraits qu’elle peut tirer de la comptabilité des commerçants.
A part cette action directe, il y en aura encore une autre exercée par les commerçants professionnels contre les commerçants occasionnels. Les premiers se verront forcés de s'organiser pour leur défense professionnelle et corporative. On doit dire à la vérité que cet avantage est des moindres, parce que le mercantilisme est très passager. Florissant dans les périodes de trouble, sitôt qu'un peu d'ordre reviendra dans les affaires, il disparaîtra de lui-même. La loi de l'offre et de la demande le chassera, Une fois le mercantilisme pas-
sager enrayé, sa place sera prise par un autre plus durable: le mercantilisme exercé par le trust.
En résumé, les conséquences de ce régime fiscal autant dans le domaine de l’économie nationale, que dans celui de l’économie privée, sont toutes dues à ce seul fait, que l'impôt sur le chiffre d’affaires, géne la formation et la circulation des richesses. C’est une fiscalité encombrante qui intervient à chaque mouvement de la richesse, à chaque métamorphose que la matière subit.
Le développement normal de la vie économique est entravé par un contrôle obligatoire et inquisitorial ; le contrôle est laissé au libre caprice de l'administration.
Au lieu d'atteindre les bénéfices de l’industrie et la richesse déjà formée, on a frappé la production de la : richesse et sa circulation. Que le courant des affaires soit réduit et arrêté et voilà la fiscalité qui souffre de toutes les conséquences que le régime institué par elle a provoquées dans la vie économique. :
Les possibilités, les tendances ou même les suggestions exposées dans le présent chapitre, vont sûrement entraîner la vie économique dans les voies que nous venons d'exposer. Peut-être même, cette évolution, commence-l-elle déjà à se faire sentir; pourtant il serait {éméraire de juger la situation actuelle d’après ce commencement d'évolution.
Tels sont les éléments des nouvelles formules à appliquer au régime économique de demain, dont l'évolution est toujours fonction du temps écoulé. Plus
“tenu, co pourra dire à pui avait sa raison d être. ,