LA RICHESSE DES ÉTATS-UNIS ET DE L' ANGLETERRE
Le 21 décembre 1 871 , à l'Assemblée nationale, M. Wolow;>ki parlait des différences d'évaluation qui pou-
valent exister sur les ressources et la fortune de la France, etc., M. Thiers s'écria: — Vous pourriez mettre une marge de 500 milliards!
11 est vrai que M. Thiers avait dit de l'économie politique : « C'est une littérature ennuyeuse, » et de la statistique : « C'est Tart de préciser ce qu'on ignore. » Il avait prouvé tout simplement qu'on peut avoir la réputation d'un éminent financier, sans avoir en sa possession les instruments indispensables pour justifier ce titre.
Les partisans de cet empirisme économique en matière publique donneraient un conseil judiciaire à l'individu qui prétendrait qu'il lui est inutile de connaître l'état de ses ressources pour régler ses dépenses.
Notre devoir est, au contraire, d'introduire dans l'examen de toutes les questions politiques et sociales les procédés de la méthode scientifique; en matière financière, nous devons surtout essayer de déterminer de la manière la plus précise les éléments sur lesquels les législateurs peuvent agir.
Les grandes enquêtes statistiques ne peuvent être faites que par les pouvoirs publics. Sous ce rapport, le gouvernement des Etats-Unis, dans ses grands census, élève des monuments sans termes de comparaison dans les autres pays. Malgré la pénurie plus ou moins grande des renseignements qui existent ailleurs, les statisticiens peuvent, à l'aide de certaines méthodes, arrivera obtenir un chiffre assez exact de la fortune générale du pays.
242 l'impôt sur le revencî.
en déduisant du total les capitaux circulants, nous avons un chiffre de 185 milliards de francs.
Mais, dans cette énumération, où sont les valeurs mobilières ? peut-on demander. On ne les voit nulle part; et cependant il y en a aux États-Unis.
La réponse à cette question nous aidera à déterminer exactement le rôle des valeurs mobilières à Tégard de la richesse d'un pays.
ê 2. — La richesse de l'Angleterre.
Pour Tévaluation de la richesse dans le Royaume- Uni, je prends les chiffres de M. Robert Giffen, le savant secrétaire du Board ofTrade. Voici d'après lui, le tableau de la fortune en Angleterre. Ce travail, publié en 1878, a été complété cette année dans la Nineteenth Century: ce dernier travail augmente de 20 milliards, les chiffres ci- dessous :
Milliards de francs.
Terres 50
Popriété bàiio 36
Capital de i'agricuilure 17
Capital de l'industrie 31
Capital du commerce et dos prurea&ioiis diverses. , 17
Placements mobiliers y compris rentes^ créances.. 32
Placements à l'étranger 13
Meubles, collections (numcraiic) 17
Autres valeurs non classées 7
Total 220
Un rapport sur V Impérial taxation on real and realised
Valeur de ta proftrii
aussi rigourettsetn corne ta» pour 18Ë
Capital agricole
DetU consolidée, et non consolidée, empr. municipaux & l'exclusion des parts consacrées à un
but charitable
Ponds de l'Inde, des colonies et des Gouvernements étrangers
HiDes(â°» moitié)
Usines è gaz
Canalisation d'eau(4/5).
Compagnies publiques (autres que les entreprises de transport)
Obligations étrangères et
Chemins de fer dans le Royaume-Uni
Chemins de fer hors du Royaume-Uni
Autres propriétés
Professions et commerce (1/5' durevenu total de i80 millions)