‹ L'imprévu, comédie en deux actesChapitre 32 sur 37 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

PIERRE

Denisel... partie... comme cela... C'est abominable. Je ne la verrai plus... qua travers ce souvenir... HÉLÈNE, torturée, à mi-voix.

Sa douleur me fait mal...

Ces yeux, cette bouche qui mentaient... qui mentiront toujours!... Mortel... en me trompant... {A Hélène.) Et vous, et vous...

nÉLÈNE, avec un grand cri.

Moi ! Je ne peux pas vous voir souffrir de la sorte !... Pierre, vous faites une affreuse erreur... Il n'y a ici qu'une coupable... Et... {Sa voix baisse, sourdement.) et ce n'est pas Denise!

PIERRE, tressaillant.

Qu'est-ce que vous dites?...

{Jacques, qui, durant le début de cette scène, s'est tenu immobile, à demi caché aux rjeux de Pierre par Hélène, fait un pas, en balbutiant.)

JACQUES

Hélène...

UÉLÈiNE

Pierre, je vous jure sur tout ce que j'ai de plus sacré... Denise est innocente! Jamais elle ne vous a trahi... jamais!... Elle est victime de son dévouement, de sa tendresse pour moi...

PIERRE, ricanant.

Ahîahl

HÉLÈNE

Oui, c'est moi, moi qui l'ai contrainte de revenir cette p^it, chez Jacques... c'est moi qui l'ai entraînée pour

ab L IMPREVU

me soutenir, me seconder, à Theure la plus pénible de ma vie...

Comment?... Que voulez-vous dire?...

UÉLÈNE

J'aurais voulu que vous ayez assez de confiance en elle pour m'épargner une confession semblable... je croyais que vous ne sauriez jamais... j'étais la maîtresse de Jacques.

JACQUES, avec force.

Je ne veux pas...

PIERRE, en même temps.

Vous! C'est faux!... C'est faux, voyons!...

HÉLÈNE

... Si pénible que cela soit, ne vaut-il pas mieux que j'avoue... toute la vérité... que je la crie!... {A Pierre.) Je veux, oui, je veux que Denise soit lavée de cet odieux soupçon... que vous cessiez de souffrir, au moins de cette douleur-là... C'est vrai! c'est vrai! Quel intérêt aurais-je à m'accuser?. .. J'ai été la maîtresse de Jacques !

PIERRE

Vous!

{Jacques, désemparé., n'ayant même plus la force ni le désir d'intervenir, s'est éloigné machinalement, pour aller s'abattre au fond, contre la commode, la tête dans ses mains.)

HÉLÈNE

Je l'étais hier encore... Souvent je suis venue ainsi, la nuit... (Elle jette son manteau, montre sa robe d'intérieur, son cou, ses bras demi-nus.) Rappelez-vous, quand je suis arrivée chez vous... au commencement de l'été, j'ai choisi cette chambre, sur la terrasse... pour être plus

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