‹ L'imprimerie à Poitiers et dans la VienneChapitre 30 sur 65 · XIV DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE · texte numérisé non relu

XIV DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE

consultation en 1476 (1). Or^ un atelier typographique commençait à fonctionner en 1478 dans une ville voisine^ à Poitiers, et le De Indulgenlïis pouvait y être imprimé sous les yeux de Fauteur, disons même des auteurs, car dans cette édition la consultation de Jean de Fabrica est suivie de celle du poitevin Nicolas Richard. Rien ne paraît plus naturel et plus probable; mais M. Claudin en décide autrement et, d'après lui, il aurait fallu attendre pendant quatre ou cinq ans encore la présence de Raymond Péraud à Paris pour confier le petit recueil thôologique à une presse française. Peut-on proposer un système aussi bizarre sans avoir l'ombre d'une preuve pour étayer ses dires ? On a beau mettre en avant d'autres éditions sans lieu et sans date, on ne peut en faire jaillir ce qu'elles sont incapables de donner; on réussirait tout au plus à embrouiller la question, ce qui n'est pas une solution.

Et enfin, notre adversaire nous porte ce dernier coup ; « Comment expliquer au surplus que les chanoines de Saint-Hilaire eussent donné la préférence et concouru à la publication d'autres indulgences que celles de leur église.»

Nous avons exposé en temps et lieu toutes les circonstances relatives à cette édition du De Indulgentiis et les motifs

(t) M. Claudin fait grand cas d*un point qui précède la date dans celte phrase : « Hoc scripsit pro dubio quodam...Jonannes de fabrica piclauis. M. cccc. Ixxvi ». Cette observation, chez tout autre que lui, dénoterait une inexpérience complète des incunables. Tout le monde sait que les réscles de la ponctuation n'étaient pas encore fixées au xve siècle et que des points et des doubles points étaient intercalés fort arbitrairement au milieu des phrases ; mais il était d'habitude courante que les dates fussent précédées d'un point. On en trouvera vinst exemples dans les Premiers Monuînents de l'Imprimerie en Prancej de M. Thierry-Poux.

Ajoutons que M. Claudin se trompe quand il dit qu' « Auç. Castan avait supposé que la date de 1476 était celle de Timpression ». M. Castan a dit simplement que le livret, « débutant par une consultation théologique donnée à Poitiers en 1476» serait peut-être d'une date antérieure au Brenarium /it'S'* (oriale », ce en quoi nous sommes d'accord avec lui.

A POITIERS XT

qui nous ont paru militer pour lui attribuer une origine poitevine. Nous n'avons qu'à les résumer ici.

On y trouve réunis les caractères de deux calibres du Breviarium historlale^ fait capital qu'il est impossible de nier. L'un des fîligraAes du papier est une des variantes du bœuf passant dont on rencontre divers dessins dans plusieurs papiers poitevins.

La présence certaine de Jean de Fabrica à Poitiers de 1476 à 1478 porte à croire que son œuvre aurait été imprimée dans cetlft ville si une presse y eiit fonctionné. Or précisément à cette époque une presse venait d'être installée dans la maison d'un chanoine de Saint-Hilaire et nous avons fourni les preuves des rapports amicaux que le religieux Cordelier entrelenait avec les membres du chapitre.

La question des indulgences intéressait si bien Poitiers que ce sont deux théologiens de cette ville qui entrent en lice. Le chapitre de Saint-IIilaire jouissait de faveurs analogues à celles de l'église de Saintes, et il venait d'en recevoir la confirmation par un Bref pontifical du 19 janvier 1473. Sa cause était donc intimement liée à celle de Saintes dans la querelle qui commençait à agiter le monde catholique, car c'était le principe même des indulgences qui allait être contesté par certains docteurs. En défendant les droits du Saint-Siège et les privilèges de Saintes, Jean de Fabrica servait les intérêts de Sainl-Hilaire; aussi trouvait-il chez nos chanoines le meilleur accueil, et c'est à sa requête qu'ils tiraient de leur trésor la bulle du pape Clément YI, du 27 janvier 1345^ dont il a transcrit la teneur à la suite de sa consultation.

Toutes ces raisons nous ont paru assez fortes pour justifier notre opinion. Quand notre honorable contradicteur pourra présenter un pareil faisceau de présomptions gra-

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