‹ L'imprimerie à Poitiers et dans la VienneChapitre 50 sur 65 · A LOUDUN · texte numérisé non relu

A LOUDUN

Chez R.NE* B.LnutT, Imprimcuf

duRoy&aehVilIe.parlorarcdc M aJjme de Montcfpin.

u.vç7xcviC — '

LES AMOURS DE COALS {sia pour Colas), comédie Louduneise en beau langage^ dédiée à Messieurs les œconomes de la Tour-Volu. Loudun, chez R. Billault, imprimeur et marchand libraire, 1732. — In-S^^ de 36 pages.

(BIbl. de Poitiers. -- Coll. Alf. Richard.)

Imprimée d'abord, comme on l'a va, par Chachereau, cette comédie patoise a été réimprimée de nos Jours sur rédition de Billault, Paris, Téchener, 1843, in-8<> de xi-49 p., et Niort, L. Favre, 1882, in-lS de iy-5ïp. L'épîlre c AMessieax les ClIcoDomes de la Tour-Volu i est signée fiaint-Long, qa*0D a dit être an pseudonyme, mais cette opinion n^est rien moins que certaine, et M. Alfred Richard a rencontré dans des pièces de cette époque le nom d'un véritable Saint-Long, qui était apothicaire à Loudun.

Ce que nous avons à dire maintenant de Billault est peu de chose. Le compte de recettes et de dépenses, rendu par René Allard pour les octrois de Loudun le 26 février 1708, le mentionne comme ayant touché un mandat de 5 livres (1). On a vu aussi que la délibération municipale qui l'admettait à exercer son art le dispensait de certaines charges et notamment de la collecte. Mais autre chose était d'obtenir la concession d'un privilège, et autre chose d'en exercer la jouissance, et sur les registres on trouve le nom de René Billault, inscrit parmi les collecteurs depuis 1711 jusqu'à 1731. Les registres font défaut pour les années suivantes et ne reprennent qu'à partir de 1749, mais le nom de Billault n'y figure plus (2) .

On voit encore par un acte passé devant Confex, notaire, le 12 janvier 1733, René Billault faire donation à Pierre Billault, son fils, clerc tonsuré, maître des écoles charila^ blés de Loudun, d'une maison sise en cette ville, au faubourg de Chinon, pour lui servir de titre clérical (3).

(1) Arch. municip., CC 6.

(2) lbid.,CC21.

(3) Communication de M. Roger DrouauU.

L'arrêt du Conseil, du 31 mars 1739, confirmant celui du

21 juillet 1704, supprima Timprimerie de Loudun^mais on n'en voit pas moins René Billault encore qualifié imprimeur et marchand libraire le 13 juin 1741 , dans Tacte de mariage de son fils Charles, dont il va être parlé tout à l'heure. Nous avons plus d'une fois constaté que la rigueur des arrêts rendus dansun intérêt général était habituellementtempérée par une tolérance bienveillante qui ménageait les intérêts privés, et il est fort croyable que l'arrêt que nous venons de citer laissa Billault travailler paisiblement de son métier jusqu'àsa mort; à ce moment seulement, il dut être exécuté selon sa forme et teneur.

Le nom de Billault ne devait plus reparaître dans l'imprimerie à Loudun, mais il n'était pas enlevé pour cela à cette noble profession et il ne fit que se transporter sur des scènes plus vastes. Charles Billault (l),run des enfants de notre René, était déjà établi comme libraire àTours dans la paroisse deSaint-Saturnin, quand il vint se mariera Loudun le 13 juin 1741 avec Jeanne Dubois, fille de Benjamin Dubois, marchand, et de Marie Huet de la Bastière ; il en eut sept enfants. L'aîné, Charles- François-Bonaventure, né le 8 mars 1742(2), épousa la fille de Louis-Charles Barrière^ imprimeur-libraire à Angers, avec lequel il s'associa d'abord, fut reçu dans les mêmes fonctions au lieu et place de son beau-père par arrêt du Conseil, du 1 2 août 1 770, els'associaensuite avec Charles- Pierre Mame qui lui succéda en 1780. Un autre fils de Charles Billault, Jean-François, né le 15 août 1747 (3)^ travailla

(1) Baptisé à Loudun le 10 décembre 1709.

(2) n eut pour marraine Jeanne Dobarre, femme de Vauquer, imprimeur à Tours {Reg . paroiss., Saiot-Saturnin do Tours.)

(S) Reg paroUs,, Saint-Pierre-le-Puellier de Tours.

d'abord avec son père qu'il remplaça avant 1 775 ( 1 ) ; plus tard il alla fonder un établissement typographique à Blois et le dirigea do 1792 à 1804. Un Philippe Billault fut imprimeur à Tours de 1757 à 1775. Un autre Charles Billault imprima aussi dans la même ville de 1791 à 1814. Nous sommes persuadé que tous ces Billault appartiennent à la même Tamille, mais nous ne sommes pas ici sur notre terrain et nous laissons aux bibliographes tourangeaux le soin d'éclaircir cette question.

Françoise BiUaalt

Après la mort de René Billault, dont nous n'avons pas retrouvé l'acte de décès, nous assistons à une nouvelle éclipse deTimprimerie à Loudun, qui dura jusqu'à la Révolution. La correspondance du subdélégué avec l'intendant de Tours apprend qu'il n'y a, en 1758, aucun imprimeur ni libraire à Loudun (2). En 1764 toutefois, une d"' Françoise Billault, que nous croyons être une descendante deTimprimeur, « débitait quelques livres de dévotion, comme Heures, Pensées chrétiennes. Imitations et autres, ensemble les livres de classe à j'usage des écolliers qui étudient à Loudun », qu'elle tirait partie de Poitiers, partie de Saumur et partie de Tours ; elle reliait aussi les livres de marchands et autres registres. En 1772, en 1775, même situation : « lorsqu'il y a quelques mémoires, factums ou autres choses h faire imprimer, ce qui arrive rarement, on s'adresse à un imprimeur des villes voisines » .

(1) Arch. d'Indre-et-Loire, G 346 et 347. -^ Charles Billault, s'étant retiré des affaires, revint à Loudun et y mourut le ii novembre 1777.

(2) Arch. d'indre-el Loire, G 346 ot;347.

Toute activité littéraire, toute vie politique s'étaient éteintes dans la cité Loudunaise, et les habitants n'en étaient peut-être pas plus à plaindre s'il est vrai que les peuples les plus heureux sont ceux qui n'ont pas d'histoire. Cependant un esprit distingué, Dumoustierde la Fond,ofGcier au corps royal de rartillerie,'entreprit alors de faire revivre les illustrations de sa patrie et les événements célèbres dont elle avait été le théâtre, et en 1778 il fit imprimer à Poitiers, chez Michel-Vincent Chevrier, ses « Essais sur l'histoire de la ville de Loudun ». Au dos du faux-titre la vente de l'ouvrage estindiquée dans plusieurs villes et en particulier « à Tours, chez Billault » et « à Loudun, chez laD"** Billault ». Françoise Billault pratiquait donc encore à cette date son petit commerce, sans faire beaucoup de bruit et probablement même sans avoir jamais eu de brevet, puisque dans le rapport fourni en 1764 à M. de Sartine sur l'étal de l'imprimerie et de la librairie dans le ressort de la Généralité de Tours, la ville de Loudun n'est même pas nommée.

Quant à Billault, de Tours, désigné si succinctement, il s'agissait de Jean-François, qui était fils de Charles, aussi libraire dans la même ville et petit-fils de René, notre imprimeur Loudunais.

Robiqnet

La Révolution arriva. Elle enflamma tous les esprits et donna à l'imprimerie une activité fiévreuse. Les pamphlets et les écrits violents succédèrent bientôt à toutes ces brochures qui avaient d'abord pour objet des réformes sociales et le bonheur de la nation. La Déclaration des droits de l'homme avait reconnu en 1791 à chaque citoyen le droit d'é-

crire et d'imprimer librement ses pensées et ses opinions ; c'était la suppression du brevet exigé naguère pour l'exercice de l'imprimerie et de la librairie. Chaque chef-lieu de district ne tarda pas à posséder des presses. Loudun suivit le mouvement général. En attendant un nouvel imprimeur, un petit libraire se chargea d'y apporter la bonne parole. La plaquette suivante fait connaître son nom :

ORAISON FUNÈBRE de la Royauté française, prononcée à la Société des Amis de la Liberté et de V Egalité^ à PoitierSj le 28 octobre 1792, par le citoyen Briquet, vicaire épiscopal du département de la Vienne. Se vend à Poitiers, chez Tauteur, place du Pilori, n* 493 ; à Lbudun, chez Robiquet^ libraire; et à Parthenay, chez Gabit, avoué, 1792. — In-8« de 20 p.

(Bibl. de Poitiers. -^ Bibl. de la Soc. des AaUq. de l*0u03t.)

C'est le seul vestige que nous connaissions du passage de Robiquet à Loudun. Nous ne savons ce qu'il devint, mais nous n'irons pas chercher bien loin le lieu de son exode. Nous n'avions pas été sans remarquer que dans le rôle des corvées de la ville de Thouars pour l'année 1790 (1) figurait le nom du sieur Ropiquet^ « marchand libraire » . Entre le Ropiquety de Thouars, et le Robiquet^ de Loudun, il nous parut y avoir une identité probable, et en effet quelques recherches dans les registres de la paroisse de Saint-Médard de Thouars nous ont fait rencontrer, à la date du 4 mai 1790, l'acte de mariage du sieur Justin Robiquet, marchand libraire, âgé de 31 ans, fils du sieur François Robiquet, bourgeois, etde dame Françoise Bosrit, de In paroisse d'Anneville, diocèse de Coutances, avec de-

(1) iDvenlaire-soiDinaire des Archives de la ville de Thouars. par J. Berthelé

successivement son industrie sur les trois villes de Loudun, Chinon et Lucon.

La société Challuau et Chesneau n'a imprimé aucun ouvrage de longue haleine, mais elle a produit un certain nombre de plaquettes dont voici une liste (1) :

RÉFLEXIONS sur V amour delà gloire et de la paMe, lues à la Société populaire de Loudun, département de la Vienney le décadi 30 ventâsCy l'an deuxième de la Bépublique Française f une et indicisible^par J . P. Arnault, admi* nistrateur du Directoire du District dudit Loudun. A LouduD, de rimprimerie nationale de Challuau et Chesneau, imprimeurs du District. Sans date. — Iû-8'' de 29 p.

Le Ulre porte une des vignettes révohittonnaires reproduites sur notre planche. Disons ici que les gravures originales de la plupart de ces vignettes nous ont été communiquées par M. Arthur Roiffé, qui les a retrouvées dans son vieux matériel d'imprimerie.

EXPOSITION des moyens généraux préservatifs de la maladie dissentérique qui règne à Loudun et dans plusieurs communes de ce district; lue à la Société populaire régénérée et Montagnarde dudit Loudun^ le i5 thermidor an Jl^par le C Gilles de la Tourelle^ officier de santé et membre de ladite Société 'populaire. Ibid.Jd.. — In-8° de 23. p.

TABLEAU RAPIDE de la Révolution française, fait à la Société populaire et montagnarde de Loudun^ département de la Vienne^ le 23 the midor^ Van 2« de la République une et indivisible, en mémoire de la journée du 10 août 1792, style esclave^.par J.-P. Arnault, administrateur du Directoire du District de Loudun. Ibid., id. — In-S** de 16 p.

ADRESSE de la Société poputuire régénérée, séante en la commune de Loudun, à tous les Sans-culottes du district

(1) Nous cessons ici d'indiquer la provenance des impressions que nous avons encore à citer pour Loudun.

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