XIV NOTICE
Quoi qu'il en soit, on peut imaginer la fureu des Grands Comédiens, quand ils se virent fustiges de si plaisante façon par un rival que grandissait chaque jour la faveur du public. La leçon était rude, faible la réplique qu'ils tentèrent, et force leur fut d'attendre pour assouvir leur ressentiment. Mais aussi quelle dut être leur joie, quand, plus tard, aidés de Racine, ils purent enfin prendre une revanche, et porter sournoisement à leur illustre détracteur un coup si sensible à l'auteur, un préjudice si sérieux au directeur, en lui enlevant l'actrice la plus remarquable de sa troupe ! Infidèle à la parole que tous les comédiens de Molière lui avaient donnée, ce de courir sa fortune et de ne le quitter jamais », Mlle Duparc se fît l'instrument de la vengeance de ceux qu'elle avait contribué à railler dans l'Impromptu; sans vergogne aucune, elle passa dans le camp ennemi. Cette désertion, hâtons-nous de le dire, fut la seule du vivant de Molière; mais à peine était-il mort que les grands comédiens, sans se rendre compte de l'hommage qu'ils rendaient ainsi indirectement à celui qu'ils avaient abreuvé d'insultes, s'agrégeaient quatre des acteurs qu'il avait su grouper et former, et parmi eux l'ingrat Baron, son élève favori, qui cdlait donner à une compagnie rivale l'appui d'un talent développé par Molière, et dont il croyait avoir assuré le concours à ses successeurs.
Mais il leur restait le nom de Molière et son auvre. Il leur restait aussi son ami Lagrange , le bon