NOTICE. XV
comédien, dont l'excellente étude de M. Edouard Thierry nous a présenté un portrait si sympathique. C'est à l'initiative de cet habile et honnête homme, il est permis de le croire, que les successeurs de Molière, installés au théâtre Guénégaud, rue Mazarine, durent, après sept ans d'un travail pa'.ient, de relever enfin leurs affaires en s'attachant Mile de Champmesléy l'actrice la plus en faveur de l'hôtel de Bourgogne.
La lutte, on le voit, continuait toujours, et c'est alors que l'animosité était à son comble, alors que de part et d'autre elle s'affirmait par les plus vives représailles, que la lettre de cachet de Louis XIV venait ordonner aux deux troupes rivales de n'en plus former désormais qu'une seule.
Je me suis souvent demandé quelle avait dû cire la contenance de tous ces comédiens qui se détestaient, lorsqu'un, commandement exprès du roi leur vint de se trouver bons les uns et les autres et d'avoir des intérêts communs. La réunion de leur premier comité dut présenter un spectacle assez curieux! Mais, bien qu'on en eût, il fallait obéir, et la paix dut peu à peu s'établir dans les esprits. La nécessité, d'ailleurs, leur en faisait une loi; si factices que soient les sentiments que les comédiens expriment, il leur est impossible, qu'on le sache bien, de jouer, en se détestant, l'amour et l'amitié. Sur la scène, il faut s'entendre, se servir mutuellement, entretenir, pour le moins, de bons rapports avec ses partenaires. Il est donc pré-