‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 116 sur 134 · DORANTE, COVIELLE · texte numérisé non relu

DORANTE, COVIELLE

COVIELLE

Ha! ha! ha! Ma foy, cela est tout-à-fait drôle. Quelle dupe ! Quand il auroit apris son rôle par cœur, il ne pouroit pas le mieux jouer. Ah ! ah! Je vous prie, Monsieur, de nous vouloir aider céans clans une affaire qui s'y passe.

Dorante.

Ah! ah! Covielle, qui t'auroit reconnu? Comme te voila ajusté !

Covielle.

Vous voyez. Ah ! ah !

Dorante.

Dequoy ris-tu ?

Covielle.

D'une chose, Monsieur, qui le mérite bien.

Dorante.

Comment?

Covielle.

Je vous le donnerois en bien des fois, Monsieur, à deviner le stratagème dont nous nous servons auprès de monsieur Jourdain pour porter son esprit à donner sa fille à mon maistre.

Dorante.

Je ne devine point le stratagème, mais je devine

i54 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

qu'il ne manquera pas de faire son effet, puis que tu l'entreprens.

Covielle.

Jesçay, Monsieur, que la beste vous est connue.

Dorante.

Aprens-moy ce que c'est.

Covielle.

Prenez ia peine de vous tirer un peu plus loin pour faire place à ce que j'aperçoy venir. Vous pourez voir une partie de l'histoire, tandis que je vous conteray le reste.

La cérémonie turque pour ennoblir le bourgeois se fait en dance et en musique y et compose le quatrième intermède.)

Le mufti, quatre dervis, six Turcs dançans, six Turcs musiciens, et autres joueurs d'instrumens à la turque, sont les acteurs de cette cérémonie.

Le mufti invoque Mahomet avec les douze Turcs et les quatre darvis; après on îuy amené le bourgeois vestu à la turque, sans turban et sans sabre, auquel il chante ces paroles :

LE MUFTI

Se ti sabir,

Ti respondir;

Se non sabir,

Tazir, tazir.

Mi star mufti.

Ti qui star ti Non intendir, Tazir, tazir.

Le mufti demande en mesme langue aux Turcs assistans de quelle religion est le bourgeois, et ils l'assurent qu'il est mahometan. Le mufti invoque Mahomet en langue fran que, et chante les paroles qui suivent :

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