‹ L'impromptu de Versailles (volume 2)Chapitre 2 sur 134 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

Le 21 octobre i63d : telle e:î donc la date de la société civile de la Comédie-Française ; mais cette date, que les comédiens ont choisie peur célébrer l'acte bicentenaire de leur fondation, ne peut pas être considérée comme celle de leur origine. En 16S0, tout ce que Corneille, Racine et Molière ont écrit, avait été déjà joué sur des théâtres différents, à l'hôtel de Bourgogne, au théâtre du Marais, et sur ceux dont Molière lui-même avait été le chef, le Petii-Bourbon et le Palais-Royal.

Dans l'ordre du temps, l'hôtel de Bourgogne est le véritable ancêtre de la Comédie-Française actuelle, et l'année i5^S devra'.t être le millésime de sa médaille. En effet, sous Charles VI, les Confrères de la Passion avaient obtenu le privilège du premier théâtre que la France ait connu, à la condition expresse de ne représenter que des pièces sacrées; riiaiSj le 17 novembre iSjS^/e Parlement ne consentit a renouveler leur privilège qu'à la condition toute contraire, et tout aussi expresse, qu'ils ne joueraient plus que « des pièces prophanes, honnestes et licites, sans offenser ni injurier aulcunes personnes ». Les Confrères se retirèrent, les vrais comédiens apparurent, bâtirent une scdle dans une dépendance de l'hôtel des ducs de Bourgogne, rue Mauconscil, et c'est dans cette salle, berceau du Théâtre- Français, que furent jouées les pièces de Jodellc, de Car nier, de Larivcy, de Rotrou, de Corneille et de Racine. Pendant cent trente-deux ans, ce théâtre

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